37.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

5 - 36. L’après guerre

      Quelle démocratie la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis ont-ils installée à la place de la démocratie directe, en bombardant la Libye, en détruisant les moyens de défense et les infrastructures du pays, en armant des bandes de mercenaires venus de différents pays de la région dont quelque 5.000 pauvres types envoyés par le très démocrate émir du Qatar, en massacrant le peuple libyen, de nuit comme de jour, pour le protéger, et en assassinant le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi ? La démocratie du chaos. Évidemment, Jean-David Lévitte (conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy) ne peut guère être très fier des résultats... « Le suivi, c’est-à-dire l’après guerre, heu… n’a pas été suffisant. Je crois qu’il aurait été souhaitable d’être plus présents pour les aider à, heu, construire. Ce n’était pas leur choix mais ç’aurait dû être notre devoir, voilà. » « Ce n’était pas leur choix » : voilà qui montre que, même les opposants à la démocratie directe, ne voulaient plus voir les Français s’ingérer dans les affaires de la Libye.
      Mais encore… « Si si on devait avoir un regret à exprimer. Mais j’ajoute que cette période-là a coïncidé avec nos élections, l’arrivée d’un nouveau président de la république et, donc, par la force des choses ou du calendrier démocratique français, nous nous sommes trouvés dans une période de transition. » Ceci est irrecevable. Monsieur Lévitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, a failli à sa tâche et à son devoir dès le début : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu. La clique de Sarkozy a préféré la bombe au dialogue, la guerre à la  diplomatie : d'ailleurs, la France n'a plus de diplomati
e. Quant à vouloir « construire » après avoir détruit 42 années de travail de tout un peuple… Monsieur Lévitte débloque ! « Un regret », un seul : n’avoir pas pu mettre leurs pattes ensanglantées sur la politique et l’économie de la Libye... C’est tout ? Sans doute les bombes, que ces chefs d'États occidentaux et pro-occidentaux ont envoyées sur la population civile et militaire, étaient-elles des fleurs ? Pas de mort(e)s, pas de blessé(e)s, pas de disparu(e)s. Donc, pas de regret. Pas un mot pour ces enfants, ces femmes, ces hommes tué(e)s par les bombes françaises puis par les bombes de l’OTAN placée sous l'autorité du Boucher de la Libye, le terroriste qui voulait affamer le peuple libyen : le commandant Charles Bouchard.

      La « démocratie », selon monsieur Lévitte, c’est la « transition » : gauche/droite, droite/... Le reproche que faisait cette clique à Muammar Gaddhafi, elle aurait dû se l’appliquer à elle-même : elle a été « imprévisible », « incontrôlable », « imprévoyante ». Et, quatre ans après le massacre du peuple libyen et les souffrances sans nom que cette clique a produit(e)s, elle prétend encore se faire élire. Les Français(es) sont-ils des abruti(e)s ?
      Force est de constater, comme Ziad Takieddine l’a fait, que les politiques français sont des « amateurs ». Lorsque Nicolas Sarkozy lance sa guerre en mars 2011, il sait très bien qu’il est à un an d’une nouvelle élection présidentielle. D’ailleurs, la campagne est déjà dans les esprits, dans les médias… À l’approche de cette nouvelle campagne nécessitant de nouvelles dépenses, craignait-il de devoir rembourser le prêt que lui avait accordé le peuple libyen pour la campagne de 2007 ? La situation financière de l’UMP (le parti politique de Nicolas Sarkozy), après la campagne de 2012 menée, assurément, sans l'argent du peuple libyen, ne s’est pas révélée florissante…
    
Voix off : « La faute donc à des élections françaises que sa guerre en Libye n’aura pas permis de remporter. L’histoire ne s’arrête pas là. Après son départ de l’Élysée, continue de planer au-dessus de sa tête, comme une malédiction. À moins que ce ne soit la morale de cette fable. À la suite du dictateur, des affairistes déçus et d’anciens caciques du régime l’accusent d’avoir reçu de l’argent libyen pour sa campagne de 2007. Soupçon infamant qui ternit ses ambitions futures. S’est-il compromis ? Ou bien, président d’une démocratie, paie-t-il tout simplement le fait de s’être aventuré avec un tel dictateur ? »

 

Françoise Petitdemange