26 avril 2015

15. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

15.
DE LA PAIX À LA GUERRE...

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


4 - 14. Des opposants… pacifiques ?
Des familles de victimes… victimes de qui ?

 

      Voix off : « Les rues bloquées exaspèrent les Parisiens. La pompe déployée pour un dictateur choque les Français. Ils assistent à des scènes comme celle-là. » Sur quoi, le mot générique « les Français », est-il fondé ? Des policiers interpellent des hommes et les fouillent… manifestement, pour savoir s’ils ne portent pas d’armes sur eux : Muammar Gaddhafi et la délégation libyenne sont les invité(e)s de la France et leur sécurité est de la responsabilité de celle-ci. Voix off : « De pacifiques opposants en exil, séquestrés dans un car des heures durant, afin d’éviter que le dirigeant libyen ne les aperçoive sur son passage. » « De pacifiques opposants », vraiment ? Comment la commentatrice, peut-elle penser faire accroire que Muammar Gaddhafi aurait le temps d’apercevoir ces opposants… sur son passage ?
     
Vue sur le convoi. Voix off : « Les plus sidérés sont les proches des 170 victimes de l’attentat commis sur ordre du dictateur contre un avion français en 1989. » Où est « l’ordre du dictateur » ? S.O.S. Attentats et Béatrice Boëry, sœur de l'une des victimes, qui ont accusé Muammar Gaddhafi, personnellement, ont été débouté(e) de leurs prétentions : la Cour de Cassation a cassé et annulé, le 13 mars 2001, l'arrêt de la Chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Paris. D'ailleurs, les familles des victimes, elles-mêmes, ont émis des doutes sur la culpabilité de la Libye. Étrangement, le commentaire ne parle pas du bombardement de la Libye par des avions anglo-saxons, en 1986, qui ont tué des civil(e)s libyen(ne)s. Quant à la CIA, qui accuse toujours les autres…
     
Voix off : « Quatre ans auparavant, le dictateur a consenti à indemniser les familles des victimes du DC 10 d’UTA, mais il refuse toujours d’extrader les auteurs de l’attentat parmi lesquels son propre bras-droit. » Le 9 janvier 2004, le collectif, représentant les familles des victimes de l’explosion du DC 10 de l’UTA au-dessus du Ténéré (Niger), a signé un accord avec les représentants de la « Fondation de Saïf al-Islam Kadhafi » pour toucher des indemnisations : un million de dollars pour chaque victime, soit 170 millions, que la Libye a payés pour en finir avec les sanctions qui ont suivi les accusations lancées sans apporter la moindre preuve et pour avoir, enfin, la paix ! Que demander de plus ? L’extradition de qui ? De Libyens accusés sans preuve ?
     
Quelques images des familles des victimes du DC 10 d’UTA qui sortent de l’Élysée... Voix off : « Résumons. Le président invite le dictateur pour sauver des victimes bulgares, refuse de recevoir d’autres victimes, françaises, du terrorisme libyen, les reçoit finalement et se pose lui-même en victime. » La commentatrice va un peu vite lorsqu’elle parle des « victimes bulgares »… Elle va un peu vite aussi lorsqu’elle parle des avions qui ont explosé en plein vol et qui sont tombés, l’un à Lockerbie, en Écosse, en 1988, et l’autre, dans le désert du Ténéré, au Niger, en 1989, « victimes » « du terrorisme libyen » : il faut rappeler qu’aucune preuve de la culpabilité de la Libye n’a été apportée dans l’explosion de ces deux avions. À l’époque, beaucoup d’avions étaient cibles d’attentats… Pour l’avion qui est tombé en Écosse, c’est la CIA qui s’est chargée de l’enquête, qui a importé des pièces sur le lieu du crash… et qui a accusé la Libye. Pour l'avion tombé au Niger, un passager, qui a débarqué de l'avion, lors d'une escale avant l'explosion, n'a pas eu à justifier son départ. Après la mort de Muammar Gaddhafi, deux avions ont eu des problèmes : l’un s’est écrasé en Ukraine, l’autre a disparu en Malaisie. Était-ce, est-ce le fait de Muammar Gaddhafi ? de l’État libyen ? Pourquoi personne ne demande des comptes aux États-Unis, à la CIA, par exemple, ou… au Mossad ? Guillaume Denoix de Saint Marc, représentant des familles du DC 10 d’UTA : « J’aimerais qu’il s’en aille, heu… » À noter le « Je » du représentant des familles.


Françoise Petitdemange


21. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

21.
DE LA PAIX À LA GUERRE…
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


5 - 20. De quoi se mêle le président français ?

 

      Le président Nicolas Sarkozy prend la parole face à une assemblée, avec, sur sa droite, le drapeau européen et le drapeau français : « Et qu’est-ce qui s’est passé au Moyen-Orient ? Une chose extraordinaire. C’est que les peuples arabes ont décidé, sans violence, de prendre leur destin en mains. Ces peuples aspirent à la démocratie, au progrès social, alors que, jusqu’à présent, on avait plutôt des régimes autoritaires, dont nous avions des rapports avec eux, parce qu’ils étaient laïcs et parce qu’il n’y avait pas d’autre solution d’alternative crédible. Aujourd’hui, il y a cette alternative. » La Constitution de 1958 étant une Constitution anti-démocratique par excellence qui donne un pouvoir exorbitant au président de la république, le peuple français devra prendre son destin en mains. Car, pour l’alternative, il a déjà donné. Il faut que ces hommes et ces femmes qui squattent les fonctions politiques et économiques, depuis des décennies, s’en aillent… En Libye, s’il y a une... alternative, elle ne peut venir que des opposants qui, depuis des décennies, tentent de reprendre le pouvoir des mains du peuple en menant des attentats, à main armée, et en semant la mort dans le peuple jamahiriyen avec, pour but, d'assassiner Muammar Gaddhafi.
     
Voix off : « Il se trouve en Turquie lorsqu’il réagit à une stupéfiante nouvelle. Début 2011, des révolutions ont balayé deux membres éminents de son UPM [Union Pour la Méditerranée] l’Égyptien Moubarak et le Tunisien Ben Ali. » Après la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, les pays situés, de chaque côté de la Libye, se trouvent eux aussi déstabilisés jusqu’à provoquer la fuite des présidents tunisien et égyptien. Images d’un groupe de manifestants : l’un brandit un exemplaire du Livre Vert qu’il déchire ; l’autre brandit le portrait d’un jeune homme avec des inscriptions en arabe ; un pied marche sur une affiche représentant le visage de Muammar Gaddhafi. Ils savent qu’ils sont filmés… Voix off : « Et voici que les Libyens, à leur tour, se soulèvent contre leur dictateur. Lui n’hésite pas à faire mitrailler la foule de ses opposants. »
     
Toujours depuis la Turquie, le président Nicolas Sarkozy déclare catégoriquement : « Notre position est claire. Monsieur Kadhafi doit partir. » Déjà, il était clair que l’accusation, disant que Muammar Gaddhafi faisait tirer sur sa population, était inexacte. Par ailleurs, au nom de quoi, le président français peut s’ingérer dans les affaires de la GJALPS (Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste), de l’État libyen, c’est-à-dire de la démocratie directe, c’est-à-dire du peuple libyen ? Au nom de quoi, ce président peut chasser un homme de sa terre natale ? Et de quel droit Nicolas Sarkozy, pouvait-il exiger le départ du Guide ?

 

Françoise Petitdemange


27 avril 2015

25. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

25.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


5 - 24. Polichinelle, l’agent israélien

 

      Voix off : « Et voilà que le 5 mars, le président reçoit l’appel providentiel d’un donneur de leçons du Café de Flore qu’il vitupérait en 2007. Bernard-Henri Lévy, le philosophe médiatique se trouve à Benghazi, fief de l’insurrection, auprès des chefs des rebelles ».
      Le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Lévitte rapporte les propos de Bernard-Henri Lévy lors d’une conversation téléphonique avec le président Sarkozy : « Je suis avec les nouveaux dirigeants du Conseil National de Transition qui vient de se créer. » Et puis Bernard-Henri Lévy dit la suite : « Accepteriez-vous, et puis, accepterais-tu - on est vite repassés au tutoiement d’autrefois - de les recevoir. Il m’a répondu : « Oui, naturellement. ». »
      Mais… quel mandat de représentant du peuple français, quelle fonction gouvernementale avait ce BHL pour mettre en place son projet libyen et forcer amicalement la main du président ? Quel mandat de représentant du peuple libyen avait-il pour prendre les commandes du pays, via une poignée d’opposants et de parvenus ? Le président français, lui, va s’empresser de recevoir des personnes non mandatées par le peuple libyen.



Françoise Petitdemange


29 avril 2015

37. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

37.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

5 - 36. L’après guerre

      Quelle démocratie la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis ont-ils installée à la place de la démocratie directe, en bombardant la Libye, en détruisant les moyens de défense et les infrastructures du pays, en armant des bandes de mercenaires venus de différents pays de la région dont quelque 5.000 pauvres types envoyés par le très démocrate émir du Qatar, en massacrant le peuple libyen, de nuit comme de jour, pour le protéger, et en assassinant le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi ? La démocratie du chaos. Évidemment, Jean-David Lévitte (conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy) ne peut guère être très fier des résultats... « Le suivi, c’est-à-dire l’après guerre, heu… n’a pas été suffisant. Je crois qu’il aurait été souhaitable d’être plus présents pour les aider à, heu, construire. Ce n’était pas leur choix mais ç’aurait dû être notre devoir, voilà. » « Ce n’était pas leur choix » : voilà qui montre que, même les opposants à la démocratie directe, ne voulaient plus voir les Français s’ingérer dans les affaires de la Libye.
      Mais encore… « Si si on devait avoir un regret à exprimer. Mais j’ajoute que cette période-là a coïncidé avec nos élections, l’arrivée d’un nouveau président de la république et, donc, par la force des choses ou du calendrier démocratique français, nous nous sommes trouvés dans une période de transition. » Ceci est irrecevable. Monsieur Lévitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, a failli à sa tâche et à son devoir dès le début : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu. La clique de Sarkozy a préféré la bombe au dialogue, la guerre à la  diplomatie : d'ailleurs, la France n'a plus de diplomati
e. Quant à vouloir « construire » après avoir détruit 42 années de travail de tout un peuple… Monsieur Lévitte débloque ! « Un regret », un seul : n’avoir pas pu mettre leurs pattes ensanglantées sur la politique et l’économie de la Libye... C’est tout ? Sans doute les bombes, que ces chefs d'États occidentaux et pro-occidentaux ont envoyées sur la population civile et militaire, étaient-elles des fleurs ? Pas de mort(e)s, pas de blessé(e)s, pas de disparu(e)s. Donc, pas de regret. Pas un mot pour ces enfants, ces femmes, ces hommes tué(e)s par les bombes françaises puis par les bombes de l’OTAN placée sous l'autorité du Boucher de la Libye, le terroriste qui voulait affamer le peuple libyen : le commandant Charles Bouchard.

      La « démocratie », selon monsieur Lévitte, c’est la « transition » : gauche/droite, droite/... Le reproche que faisait cette clique à Muammar Gaddhafi, elle aurait dû se l’appliquer à elle-même : elle a été « imprévisible », « incontrôlable », « imprévoyante ». Et, quatre ans après le massacre du peuple libyen et les souffrances sans nom que cette clique a produit(e)s, elle prétend encore se faire élire. Les Français(es) sont-ils des abruti(e)s ?
      Force est de constater, comme Ziad Takieddine l’a fait, que les politiques français sont des « amateurs ». Lorsque Nicolas Sarkozy lance sa guerre en mars 2011, il sait très bien qu’il est à un an d’une nouvelle élection présidentielle. D’ailleurs, la campagne est déjà dans les esprits, dans les médias… À l’approche de cette nouvelle campagne nécessitant de nouvelles dépenses, craignait-il de devoir rembourser le prêt que lui avait accordé le peuple libyen pour la campagne de 2007 ? La situation financière de l’UMP (le parti politique de Nicolas Sarkozy), après la campagne de 2012 menée, assurément, sans l'argent du peuple libyen, ne s’est pas révélée florissante…
    
Voix off : « La faute donc à des élections françaises que sa guerre en Libye n’aura pas permis de remporter. L’histoire ne s’arrête pas là. Après son départ de l’Élysée, continue de planer au-dessus de sa tête, comme une malédiction. À moins que ce ne soit la morale de cette fable. À la suite du dictateur, des affairistes déçus et d’anciens caciques du régime l’accusent d’avoir reçu de l’argent libyen pour sa campagne de 2007. Soupçon infamant qui ternit ses ambitions futures. S’est-il compromis ? Ou bien, président d’une démocratie, paie-t-il tout simplement le fait de s’être aventuré avec un tel dictateur ? »

 

Françoise Petitdemange