24 avril 2015

7. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

7.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1 - 6. La France des droits de l’homme

 

      « Un an plus tard… » Le candidat à la présidence, Nicolas Sarkozy, fait part de ses ambitions : « Je veux être le président de la France des droits de l’homme parce que je le crois au plus profond de mon cœur. Je ne veux pas, je ne crois pas à ce qu’on appelle « la realpolitik » qui fait renoncer à ses valeurs. Je ne veux être complice d’aucune dictature à travers le monde. »
     
Voix off : « En janvier 2007, celui qui exprimait son respect au dictateur lance sa campagne présidentielle sur un bien autre ton. Gagner une élection vaut bien de se poser en chantre des droits de l’homme. Surtout lorsqu’on est précédé par une réputation de ministre de l’Intérieur à poigne. »

      À propos du candidat Nicolas Sarkozy, en 2007, Rama Yade a son avis  : « C’est l’époque où une certaine gauche intellectuelle s’insurgeait de ses propos et, à un moment donné, on a senti chez lui le besoin aussi de s’adresser à ces intellectuels-là, heu, parce que même s’ils ne sont pas majoritairement du pays [majoritaires dans le pays ?], ils ont une certaine influence. Nicolas Sarkozy était sensible, très sensible à ce que pouvaient penser les Bernard-Henri Lévy, les Glucksmann, les Bruckner… » La politique étrangère de la France, était-elle dictée par des personnes qui, outre qu'elles n'étaient  « pas majoritaires dans le pays », manœuvraient avec quelque officine ?
     
Pour les droits de l’homme, Bernard Kouchner veut bien se faire homme de droite : « Les droits de l’homme, ça ne pouvait pas ne pas me plaire. En plus, il est vrai que Nicolas Sarkozy avait un langage et, dans sa campagne, des thèmes qui étaient très nouveaux par rapport à l’orthodoxie de la droite. »

     
Nicolas Sarkozy persiste et signe lors d’un meeting. “Politique internationale Paris, mercredi 28 février 2007” : « Deuxième grand objectif de la France : promouvoir les libertés et les droits de l’homme sur la scène internationale. » Mais encore… « Je ne me tairai jamais devant ces insultes aux droits de l’homme. » La mort, sur ses ordres, de Muammar Gaddhafi, ne sera-t-elle pas une insulte aux droits de l’homme ? Et enfin… « Eh bien, la France, elle n’est elle-même que quand elle promeut la liberté contre l’oppression. » Qu’en est-il, dorénavant, de l’oppression de tout un peuple - le peuple libyen - suite à la guerre de 2011, lancée par Nicolas Sarkozy président de la république française, contre la Libye, contre le peuple libyen, contre le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi ?
     
Voix off : « C’est ainsi qu’à l’issue de la campagne, il recrute deux personnalités atypiques qui compteront dans la suite de cette histoire. De Bernard Kouchner, héros de l’humanitaire, il fera son ministre des Affaires étrangères, et il invente une fonction, inédite sous la Cinquième république, celle de secrétaire d’État aux droits de l’homme qu’il confiera à la jeune Rama Yade. »


Françoise Petitdemange

 

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25 avril 2015

13. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

13.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 

4 - 12. Des déclarations insultantes…
à l’égard d’un invité

 

      Voix off : « Mais voilà qu’un grain de sable vient gripper le bel ordonnancement. Personne à l’Élysée ne s’est aperçu que le dictateur arrive à une date un peu particulière : « La journée internationale des droits de l’homme ». Or, le président a justement nommé une secrétaire d’État chargée de ce sujet-là. » Rama Yade : « J’ai essayé de demander un changement de date parce que le 10 décembre était symbolique. Y avait pas d’argumentaire. C’est, c’est, c’est comme ça. C’est comme ça. Et puis, heu, c’est décidé, c’est calé, heu, je n’avais pas à me mêler, heu, de la, du domaine réservé du président. »
     
« Paris. Décembre 2007. » Problème de dernière minute… Voix off : « Alors, à l’heure du laitier, ce lundi matin, la jeune secrétaire d’État frappe un grand coup. À un journal, elle lance : « La France n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant [terroriste ou pas] peut venir s’essuyer les pieds [du sang] de ses forfaits », avant de rééditer à la radio… » Certains mots, maintes fois répétés à l’époque, ont été retirés du commentaire de ce documentaire : ils sont notés entre crochets. Voix de Rama Yade : « Personnellement, je me retrouve avec une journée des droits de l’homme sur les bras et Kadhafi sur le tarmac d’Orly. Donc, pour moi, c’est un problème. » Appelée à l’Élysée pour rendre des comptes, l’ex-secrétaire d’État aux droits de l’homme racontera plus tard : « Au retour de la radio, vers 9 heures-9 heures et demie, le président de la république m’appelle, en me disant de venir le voir à l’Élysée. Et il était silencieux, me tournant le dos, face à la fenêtre et le silence dure très longtemps. Puis arrivent les deux conseillers, là, Lévitte, messieurs Lévitte et Guéant, qui donc me sermonnent lourdement : « Vous vous rendez compte, son avion est dans le ciel français. Il veut pas atterrir. » Heu, bon, je lui dis : “Écoutez, ben, qu’il rentre chez lui.” Bon, après il me dit : « Ce n’est pas le moment de plaisanter. » Donc, j’ai arrêté de plaisanter et j’ai dit : « Effectivement, c’est très sérieux. » Et, heu, Nicolas Sarkozy les arrête et puis, heu, leur demande de me, ben, de préparer la suite avec moi, à savoir : « Qu’est-ce que je dis, maintenant. » Bon, ils m’ont envoyée sur Europe 1, heu, j’ai essayé de tourner autour du pot. Voilà. » Rama Yade, sans trop s’en rendre compte, donne, ici, la clef des embrouilles : « préparer la suite », « Qu’est-ce que je dis, maintenant. » « j’ai essayé de tourner autour du pot »… Voilà comment les citoyens et citoyennes de France sont… informé(e)s !

 

Françoise Petitdemange


26 avril 2015

17. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

17.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 
4 - 16. Les droits de l’homme, en France, heu…

 

      Muammar Gaddhafi arrive au milieu d’un groupe de personnes. Puis il lève les bras, souriant, face à une salle bondée qui brandit des portraits de lui. Voix off : « Face à la multiplication des critiques, le susceptible dictateur riposte en organisant à l’UNESCO un meeting à sa gloire. » Le « susceptible dictateur » ne riposte rien du tout. Muammar Gaddhafi évoque à l’Unesco la vieille scie utilisée, contre lui, depuis des décennies : « les droits de l’homme »« Ils font de la surenchère sur les droits de l’homme. Les droits de l’homme ! Mais comment osent-ils ? Avant de parler des droits de l’homme dans vos pays, il faudrait encore que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits ! » Même si cela ne plaît pas à tout le monde, il est applaudi. Muammar Gaddhafi a tout à fait raison de renvoyer la question sur les pays qui n’ont cessé d’accuser la Libye d’être un État terroriste. Ahmed Gaddhaf  El Dam (conseiller de Muammar Gaddhafi) : « Nous n’avions prévenu personne de cette initiative. Et je peux vous dire que les Français qui organisaient la visite ont été très vexés par le discours de Frère Muammar. » Donc, ce sont des Français - et non le « susceptible dictateur » - qui ont organisé la visite à l’UNESCO. Sauf à être de mauvaise foi… Muammar Gaddhafi, n’avait-il pas raison de renvoyer, sur ceux et celles qui le critiquent, le non respect des droits de l’homme à l’égard des immigrés vivant en France ?

 

Françoise Petitdemange