25 avril 2015

12. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

12.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


4 - 11. Muammar Gaddhafi
et la délégation libyenne en France

 

      Vue sur une vaste salle avec des sièges occupés, disposés en cercle : EU Africa Summit. Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner sont présents. Voix off : « Cinq mois plus tard, en décembre. La femme du président est finalement partie. Le dictateur arrive. La veille de sa venue, les deux hommes se croisent à Lisbonne dans le cadre d’un sommet international. » Muammar Gaddhafi, vêtu de son habit traditionnel brun, et la tête couverte de sa chéchia noire, apparaît et serre la main d’un dirigeant africain. Puis, Nicolas Sarkozy s’avance vers le Guide, déjà installé, et lui serre la main : « Bonjour Monsieur Kadhafi. Je suis très heureux de vous recevoir en visite à Paris. » Un militaire s’approche du Guide pour lui faire la traduction ; celui-ci sourit sans répondre.
     
Voix off : « Mais le président va recevoir un dictateur resté fidèle à lui-même. Il vient de faire scandale en déclarant à un journal portugais » : « Il est normal que les faibles aient recours au terrorisme. » Lors de ce sommet de Lisbonne, 8 décembre 2007, Nicolas Sarkozy se montre très conciliant : « Permettez-moi de dire qu’il y a moins de problème à recevoir le président Kadhafi dont les services collaborent avec les services occidentaux dans la lutte contre le terrorisme, dont les infirmières ont été libérées dans un avion de la « République Française ». Pour le reste, il a sa personnalité, son tempérament ; c’est pas moi qui vais les juger. »

     
« 10 décembre 2007. » Voix off : « Au petit matin, ce lundi, on déroule le tapis rouge, par rouleaux entiers. Dans la cour d’honneur de l’Élysée, et en face, dans les jardins d’une annexe du Palais. Première dans les annales du protocole, on y a dressé une vaste tente bédouine. » Ahmed Gaddhaf  El Dam (conseiller de Muammar Gaddhafi) : « Oh, ils ont accepté toutes nos demandes. Le message de Gaddhafi pour sa première visite en Occident, après une longue période de rupture, c’était… « Ce n’est pas parce que je me rends en Europe que je change. ». » Voilà qui rappelle une fidélité du Guide révolutionnaire à ses convictions.

Françoise Petitdemange

 

26 avril 2015

15. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

15.
DE LA PAIX À LA GUERRE...

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


4 - 14. Des opposants… pacifiques ?
Des familles de victimes… victimes de qui ?

 

      Voix off : « Les rues bloquées exaspèrent les Parisiens. La pompe déployée pour un dictateur choque les Français. Ils assistent à des scènes comme celle-là. » Sur quoi, le mot générique « les Français », est-il fondé ? Des policiers interpellent des hommes et les fouillent… manifestement, pour savoir s’ils ne portent pas d’armes sur eux : Muammar Gaddhafi et la délégation libyenne sont les invité(e)s de la France et leur sécurité est de la responsabilité de celle-ci. Voix off : « De pacifiques opposants en exil, séquestrés dans un car des heures durant, afin d’éviter que le dirigeant libyen ne les aperçoive sur son passage. » « De pacifiques opposants », vraiment ? Comment la commentatrice, peut-elle penser faire accroire que Muammar Gaddhafi aurait le temps d’apercevoir ces opposants… sur son passage ?
     
Vue sur le convoi. Voix off : « Les plus sidérés sont les proches des 170 victimes de l’attentat commis sur ordre du dictateur contre un avion français en 1989. » Où est « l’ordre du dictateur » ? S.O.S. Attentats et Béatrice Boëry, sœur de l'une des victimes, qui ont accusé Muammar Gaddhafi, personnellement, ont été débouté(e) de leurs prétentions : la Cour de Cassation a cassé et annulé, le 13 mars 2001, l'arrêt de la Chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Paris. D'ailleurs, les familles des victimes, elles-mêmes, ont émis des doutes sur la culpabilité de la Libye. Étrangement, le commentaire ne parle pas du bombardement de la Libye par des avions anglo-saxons, en 1986, qui ont tué des civil(e)s libyen(ne)s. Quant à la CIA, qui accuse toujours les autres…
     
Voix off : « Quatre ans auparavant, le dictateur a consenti à indemniser les familles des victimes du DC 10 d’UTA, mais il refuse toujours d’extrader les auteurs de l’attentat parmi lesquels son propre bras-droit. » Le 9 janvier 2004, le collectif, représentant les familles des victimes de l’explosion du DC 10 de l’UTA au-dessus du Ténéré (Niger), a signé un accord avec les représentants de la « Fondation de Saïf al-Islam Kadhafi » pour toucher des indemnisations : un million de dollars pour chaque victime, soit 170 millions, que la Libye a payés pour en finir avec les sanctions qui ont suivi les accusations lancées sans apporter la moindre preuve et pour avoir, enfin, la paix ! Que demander de plus ? L’extradition de qui ? De Libyens accusés sans preuve ?
     
Quelques images des familles des victimes du DC 10 d’UTA qui sortent de l’Élysée... Voix off : « Résumons. Le président invite le dictateur pour sauver des victimes bulgares, refuse de recevoir d’autres victimes, françaises, du terrorisme libyen, les reçoit finalement et se pose lui-même en victime. » La commentatrice va un peu vite lorsqu’elle parle des « victimes bulgares »… Elle va un peu vite aussi lorsqu’elle parle des avions qui ont explosé en plein vol et qui sont tombés, l’un à Lockerbie, en Écosse, en 1988, et l’autre, dans le désert du Ténéré, au Niger, en 1989, « victimes » « du terrorisme libyen » : il faut rappeler qu’aucune preuve de la culpabilité de la Libye n’a été apportée dans l’explosion de ces deux avions. À l’époque, beaucoup d’avions étaient cibles d’attentats… Pour l’avion qui est tombé en Écosse, c’est la CIA qui s’est chargée de l’enquête, qui a importé des pièces sur le lieu du crash… et qui a accusé la Libye. Pour l'avion tombé au Niger, un passager, qui a débarqué de l'avion, lors d'une escale avant l'explosion, n'a pas eu à justifier son départ. Après la mort de Muammar Gaddhafi, deux avions ont eu des problèmes : l’un s’est écrasé en Ukraine, l’autre a disparu en Malaisie. Était-ce, est-ce le fait de Muammar Gaddhafi ? de l’État libyen ? Pourquoi personne ne demande des comptes aux États-Unis, à la CIA, par exemple, ou… au Mossad ? Guillaume Denoix de Saint Marc, représentant des familles du DC 10 d’UTA : « J’aimerais qu’il s’en aille, heu… » À noter le « Je » du représentant des familles.


Françoise Petitdemange