29 avril 2015

32. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

32.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


5 - 31. Un prêt remboursé par des bombes ?

 

      Voix off : « Couverte par le bruit des bombes, l’accusation n’est pas étayée par le dictateur. Mais elle finira par ressurgir. Au large de Tripoli, le président, lui, vient encourager ses troupes. Débuté six mois plus tôt, le conflit s’enlise. La rébellion piétine. Le chef des armées fait intensifier les opérations et parachuter des tonnes d’armes aux opposants libyens. » Il faut rappeler que la rébellion est presque éteinte lorsque Nicolas Sarkozy décide, à grande vitesse, d’envoyer des avions contre le peuple libyen. Ainsi, un chef d’État, étranger à la Libye, s’ingère dans les affaires intérieures d’une démocratie directe pour aider une rébellion qui attaque, à mains armées, l'armée et la police du pays, ainsi que la population ? Ainsi, allait-il éviter un remboursement du prêt libyen ?

     
Natalie Nougayrède, journaliste au Monde, donne l’ambiance présidentielle… « Autant, autour de lui, il y a eu parfois du flottement, hein, chez des membres du gouvernement. Tout le monde n’était pas convaincu à Paris de la nécessité d’agir en Libye. Mais lui était déterminé jusqu’au bout. Les échanges qu’il a avec des gens qui le fréquentent à ce moment-là, c’est : « Je vais me mettre à genoux. Il va mordre la poussière. » C’est dire que cette guerre contre le peuple libyen, autant que contre Muammar Gaddhafi, soulève un problème essentiellement politique en France : le président a, par la Constitution de 1958, la possibilité de lancer une guerre contre un pays qui n’a, en rien, attaqué ni même menacé la France. Quant au gouvernement, à l’assemblée parlementaire, il-elle sont mis(e) devant la décision déjà prise. La France n’est pas une république mais une monarchie dictatoriale.
     
Henri Guaino est un peu dur de la feuille mais il analyse très bien… « Moi, je n’ai pas entendu des expressions de ce genre. Mais ce n’est pas impossible, ce n’est pas impossible. Parce que, des deux côtés, le ton, évidemment, le ton, le ton monte. Ça devient une espèce de de de défi presque, presque personnel. Il faut qu’il y en ait un qui perde et qui perde tout. » Où va se loger la conscience politique de Nicolas Sarkozy ? Dans le « défi ». Muammar Gaddhafi se serait passé de ce « défi » destiné à détruire son pays et à massacrer le peuple avant de l’assassiner lui-même. Tout juste élu, la question était posée à la Une de certains magazines * : Nicolas Sarkozy est-il fou ? Un président qui fait la guerre à tout un peuple, par « défi » personnel, n’est-il pas… particulièrement dangereux ?
     
Des hommes enlèvent des affiches de Muammar Gaddhafi. Des groupes armés tirent sur une place. Ces hommes ne sont pas le peuple libyen : ils ne représentent personne d’autre qu’eux-mêmes et travaillent pour les dirigeants occidentaux qui bombardent leur pays. Un homme, debout sur le « Monument de la Souffrance du peuple libyen », érigé après le bombardement de Benghazi et de Tripoli par les forces armées anglo-saxonnes en 1986, arbore le drapeau du roi Idriss 1er, mort depuis longtemps. Sait-il, cet homme, qu’il arbore le drapeau de la collaboration de ce roi fantoche avec les colonisateurs de la Libye, le drapeau honni par le peuple libyen, « le drapeau de la honte », dira Safia Farkash, épouse de Muammar Gaddhafi. Ces hommes qui ont été montrés, juchés sur ce Monument, sont-ils des Libyens, ou des mercenaires expédiés par le Qatar ou l’Arabie saoudite ou par un autre pays ? En tout cas, des hommes qui ne respectent ni les vivants ni les morts… ne présagent rien d’autre qu’une société sans passé, sans présent hormis la violence aveugle, et sans avenir.
     
Voix off : « Celui qui perd tout, c’est, bien sûr, le dictateur. À la fin de l’été 2011, son palais tombe aux mains de ses ennemis. Deux mois plus tard, son convoi est attaqué par des avions français. Lui-même est capturé par des rebelles. » Pour qui a vu des vidéos montrant de prétendus rebelles un peu hébétés de se trouver dans une caserne qui n’avait pas grand-chose à voir avec un « palais »… Si le palais de l’Élysée a, derrière lui, un pan de l’histoire des monarchies et des empires : à l’origine, hôtel particulier d’un comte, devenu palais de la Pompadour, favorite ou, plutôt, prostituée du roi Louis XV, puis palais princier, palais impérial… avant d’être palais des présidents de la république… Quelle belle continuité dans la politique anti-démocratique ! Chez les Gaddhafi, pas de dorures, un confort sans clinquant.

[* Marianne, Sarko est-il foutu… ou fou tout court ?, 30 avril 2010
http://www.marianne.net/Sarko-est-il-foutu-ou-fou-tout-court_a192294.html
L’Obs avec Rue 89, Sarkozy, « voyou de la République » selon Marianne, 9 août 2010. http://rue89.nouvelobs.com/2010/08/09/sarkozy-voyou-de-la-republique-selon-marianne-161577
Marianne, Le voyou de la République, N° 494 du 7 au 13 août 2010. http://www.marianne.net/Voyou-de-la-Republique-L-article-de-Jean-Francois-Kahn_a196198.html « Xénophobe et pétainiste ? Certes pas. Mais aucun interdit moral ne l’arrête. Et, pour garder le pouvoir, il est prêt à tout. »
Marianne, “Sarkozy est-il fou ?”, 31 mars 2011.
http://www.staragora.com/news/sarkozy-est-fou-marianne-demande-une-psychanalyse/418547
Nicolas Sarkozy est « La Honte de la Vème République » pour Marianne, 26 avril 2012http://www.ozap.com/actu/nicolas-sarkozy-est-la-honte-de-la-veme-republique-pour-marianne/440610]  

 

Françoise Petitdemange