24 avril 2015

3. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

3.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 

1 - 2. Un ministre de l’Intérieur
dans l’État-paria…

 

      « 6 octobre 2005. » Voix off : « Toute cette histoire a commencé deux ans avant que le futur président n’entre à l’Élysée lorsqu’il est allé faire la connaissance du dictateur un jour d’octobre 2005. Il est alors un fringuant ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac qui ne fait pas de mystère de ses ambitions présidentielles. Depuis l’aéroport, son convoi file à travers Tripoli, capitale d’un État de six millions d’habitants que la manne pétrolière a rendu le plus riche d’Afrique. Sur les murs s’affiche partout l’homme qui le dirige d’une main de fer depuis 1969. »

     
Voix off : « Officiellement, le ministre a été convié, ici, à venir s’entretenir de la lutte antiterroriste et de l’immigration irrégulière. » Nicolas Sarkozy : « Pourquoi voulez-vous aller en Italie ? » Un jeune homme : « Je voulais partir. » Pour les États capitalistes en crise, dont une partie des populations - au chômage ou au travail - ne peuvent plus subvenir aux nécessités de leur existence, il s’agit, à l’époque, de lutter contre le terrorisme que, pourtant, ils sécrètent eux-mêmes, et de freiner, sinon d’empêcher, l’arrivée d’Africains et de leurs familles en Europe, notamment en France. Mais le Guide révolutionnaire, Muammar Gaddhafi, n’avait pas attendu les Occidentaux pour inciter les Africain(e)s à rester dans leurs pays afin de contribuer au développement du continent.  
     
Voix off : « En coulisses toutefois, cette visite a pour le ministre d’autres enjeux, plus personnels. Elle a été initiée par un homme de l’ombre, un Libanais, un intermédiaire en armements, à la fois proche de plusieurs membres de son entourage et familier du pouvoir libyen. » L’intermédiaire en armements, c’est  Ziad Takieddine qui parle, non pas du « dictateur », mais du « colonel Kadhafi » : « En 2005, je rencontre le fils du colonel Kadhafi [Saïf al-Islam] en visite privée en France. Alors, il m’invite en Libye pour aller rencontrer son père, le colonel Kadhafi. Et je rencontre Kadhafi. Quand je parlais de Nicolas Sarkozy, à lui, je parlais de lui comme quelqu’un qui allait changer beaucoup la démarche française, en général, dans le domaine de la politique extérieure. » Bernard Cheynel, lui aussi intermédiaire en armements, confirme les dires de son confrère : « C’est Saïf qui s’est emballé sur Sarkozy. Saïf qui a poussé son père : “papa, papa, papa, papa.” Papa, il est formidable, papa. Il est formidable. » Ziad Takieddine : « Je retourne en France. Je vois monsieur Guéant et des choses se sont mises en place. » Jean-Luc Sibiude (ambassadeur de France en Libye) : « Et monsieur Claude Guéant était venu préparer la visite plusieurs fois. Je crois qu’il est venu au moins deux fois, pas forcément… Une fois… Monsieur Claude Guéant avait ses propres contacts. » Voix off : « Signe de l’importance qu’il accorde à cette relation, son plus proche collaborateur [Claude Guéant, donc...] devient dès lors son agent de liaison avec les Libyens. »

Françoise Petitdemange


29 avril 2015

34. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

34.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN
 

5 - 33. « Kadhafi »…
« une menace réelle sur la Libye » ? Vraiment ?
Sarkozy,
« une menace réelle » sur la France et les autres pays ? Assurément !

 

      Lorsque Nicolas Sarkozy marche, à Tripoli, au milieu d’un groupe de Français, il ne paraît pas très serein. Une journaliste lui pose cette question : « Est-ce qu’on peut savoir votre réaction à à à la mort de Monsieur Kadhafi ? » Le président fait non de la tête en souriant. Il marche. Il regarde un peu de côté en souriant. Un micro se tend. Il se décide à répondre. Lui a-t-on dit que la mort de Muammar Gaddhafi n’était pas digne de la France ? Il parle d’une voix blanche : « L’objectif, c’est que la Libye retrouve sa liberté et un espoir démocratique. On ne doit jamais se réjouir de la mort d’un homme. Quel quel que soit ce qu’il ait fait. Jamais. Mais la menace que faisait peser Kadhafi était une menace réelle sur l’avenir de la Libye. »
     
Mais ce que monsieur Sarkozy n’est pas et ne sera jamais en capacité de comprendre, c’est que la Libye avait retrouvé « sa liberté » depuis le 1er Septembre 1969. Le peuple libyen, contrairement à une partie de la petite et moyenne bourgeoisie française, ne vivait pas d’« espoir » mais de réalité, et sa réalité, c’était une réelle démocratie directe, comme il n’y en a jamais eu en France et dans les autres pays dits libres.
      La démocratie directe en Libye était un modèle à détruire, selon les chefs des pays occidentaux endettés, pour que les peuples de ces pays n’aillent pas trop regarder de l’autre côté de la Méditerranée, dans le Nord de l’Afrique, dans cette Libye où le peuple vivait mieux que le peuple français. Le peuple libyen savait si bien se gouverner lui-même que la Libye était le pays le moins endetté de la planète en décembre 2010 : il menaçait, par ses capacités politico-économiques, non pas le peuple français mais les intérêts de la grande bourgeoisie occidentale et de la finance internationale.
      Voilà pourquoi les chefs d’États français, britannique, états-unien se sont livrés à une véritable chasse à l’homme pour avoir la peau, non seulement de Muammar Gaddhafi mais aussi de ses fils, de ses amis restés fidèles à la Révolution du 1er Septembre 1969, comme Abou Bakr Younis Jaber. Quant à Abdelfattah Younès, est-il passé - véritablement ou seulement apparemment - dans le camp de la rébellion contre la GJALPS (Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste) ? En tout cas, repéré par Bernard-Henri Lévy qui prit directement contact avec le Mossad, il sera assassiné le 28 juillet 2011. Voilà pourquoi les chefs d’États occidentaux ont fait bombarder, de nuit comme de jour, le peuple libyen dans sa vie, dans son sommeil, et ce, jusque dans les petits villages.
     
Muammar Gaddhafi était un constructeur, non un destructeur comme les chefs d’États occidentaux. Il n’a jamais été une menace « sur l’avenir de la Libye » mais sur l’avenir du capitalisme. Qui était une menace « sur l’avenir de la Libye » ? Sinon Nicolas Sarkozy, lui-même, qui est aussi une menace sur la France. Qui sont ceux qui ont détruit « l’avenir de la Libye », l’avenir du peuple libyen, l’avenir de l’Afrique et des peuples africains ? Sinon Nicolas Sarkozy, David Cameron, Barack Obama, Hillary Clinton… Le criminel de guerre espérait, lâchement, se faire réélire en 2012, afin d’échapper à la justice française ; il cherche à se faire réélire en 2017. Non pas parce qu’il aime la France, mais parce qu’il veut récupérer l’immunité présidentielle qui lui assurerait d’échapper à la justice, définitivement, pour toutes les affaires qui le suivent partout. Puisse le peuple français se passer d’un deuxième quinquennat sous la présidence de Sarkozy et demander le jugement de cet homme, comme il se doit.
     
Le silence médiatico-politique français sur la mort de 150.000 hommes, femmes, enfants, tué(e)s sous les bombes des droits de l’homme, le silence médiatico-politique français assourdissant sur les villages et les villes de Libye détruit(e)s, le silence de mort ne parviendra jamais à masquer le fait que ce président français est devenu un criminel de guerre. À propos de la mort de Muammar Gaddhafi, Nicolas Sarkozy prend un ton hypocrite qui ne trompe que lui-même : « On ne doit jamais se réjouir de la mort d’un homme. » Pourtant, il y a eu des sourires et, même, des rires, et une Hillary Clinton qui s'esclaffe : « We came, we saw, he died. Ah ! Ah ! Ah ! » (« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort. ») [« Mort de Kadhafi. L’indécence d’Hillary Clinton. https://www.youtube.com/watch?v=BkV6UpnmrrA]
De quoi, de qui s'est vengée Hillary Clinton sur Muammar Gaddhafi ?  C’est cette femme riant de la mort d’un homme - par lynchage - qui, maintenant, brigue la présidence des États-Unis ?

 

Françoise Petitdemange


18 juin 2015

3 - GRANDEUR ET MISERE DES SPECIALISTES

GRANDEUR ET MISÈRE DES SPÉCIALISTES
(3ème partie)


Une créature ingrate : « Daesh »

      Au Club de la Presse du 20 mai 2015, c’est la dernière ligne droite pour madame Levallois. Elle connaît très bien la Syrie. Son Curriculum Vitae l’indique : elle a vécu à Damas et séjourné en Égypte, au Liban, au Maroc…

      Après la déstructuration achevée de l’Irak (2003), la dislocation de l’État des masses en Libye (2011), la déstabilisation de la Syrie (depuis 2011), la guerre au Mali (depuis 2013), un seul souci pour les franco-anglo-saxons et les monarques du Golfe : Al-Qaïda (dont le fondateur, Oussama Ben Laden, était un ami de la famille royale saoudienne) qui, par son alliance avec d’autres groupes armés, a été partie prenante dans la formation, en 2006, d’un Conseil consultatif des moudjahidines en Irak. Celui-ci, et quelque trente tribus sunnites qui représentent la majeure partie de la population d’Al-Anbar (province de l’ouest de l’Irak), proclament, en octobre de l’année 2006 - soit deux mois avant l’assassinat du Président de la République d’Irak, Saddam Hussein, qui est sunnite  - la création de l’ÉII (État Islamique d’Irak). En avril 2013, certains territoires de la Syrie passant sous son contrôle, l’ÉII devient l’ÉIIL (État Islamique de l’Irak et du Levant). En juin 2014, l’ÉIIL annonce l’instauration d’un califat sur les territoires irakiens et syriens qu’il a pris : l’EIIL devient en abrégé l’ÉI (État Islamique). Mais le califat, qui sera rejeté par certaines organisations comme AQMI (Al-Qaïda du Maghreb Islamique), sera soutenu par d’autres comme le Conseil consultatif de la jeunesse islamique, établi à Derna en Libye, qui prête allégeance à l’État Islamique, le 31 octobre 2014, soit trois ans après la fin des bombardements de l’OTAN en Libye.

3___L_EIIL

      L’ÉIIL, que ses opposants appellent « Daesh », s’avère de plus en plus difficile à manœuvrer pour les chefs d’États occidentaux et les monarques du Golfe. Combien sont-ils, les combattants de cet État Islamique ?

     
C’est au tour de Gérard Carreyrou de poser la question :
     
« On a parlé de dix mille hommes. Ensuite, on a parlé de vingt mille hommes. Maintenant, on parle éventuellement de trente mille hommes. Combien y a-t-il de combattants de Daesh ? »

     
Agnès Levallois : « Maintenant, y a une question sur le nombre, effectivement : au départ, on parlait de quelques milliers, même on arrive à trente mille morts, je serais incapable de [Interventions : « Trente mille hommes, trente mille vivants, pas encore trente mille morts. » « Oui. »]. Pardon. Trente mille, ce serait peut-être une bonne chose, mais trente mille combattants. Je suis incapable de vous donner un chiffre parce que personne n’est en mesure de le donner. »
     
Le lapsus de madame Levallois est particulièrement parlant : il nécessitait bien une pause…


Alors, la Syrie…

      Dès la reprise de l’émission, Nicolas Poincaré ajoute une petite récréation :
     
« On parlait de Palmyre, à l’instant, cette cité antique, donc syrienne, qui est sur le point de tomber entre les mains de l’organisation de l’État islamique. Écoutez ce que nous en disait, hier soir, ici même, Jack Lang. »

     
« Pour Palmyre, vraiment, qu’on, qu’on prenne tous les moyens, je ne sais, aériens, si on veut pas aller au sol pour, j’allais dire, massacrer ces massacreurs ! [Intervention d’une journaliste : « Une bombe ? »] Pour détruire ces voyous ! ces étrangleurs ! ces assassins ! ces bandits ! Il faut sauver Palmyre ! C’est, c’est là une partie de notre civilisation : sauvons Palmyre ! Il faut sauver Palmyre par tous les moyens. »
     
Le palmarès politique de Jack Lang est éloquent : sous les deux présidences de François Mitterrand, Jack Lang fut ministre de la Culture, du 22 mai 1981 au 20 mars 1986, puis ministre de la Culture et de la Communication, du 13 mai 1988 au 2 avril 1992 ; en outre, du 17 mai 1991 au 2 avril 1992, il fut porte-parole du gouvernement Cresson. Du 2 avril 1992 au 29 mars 1993, sous le gouvernement Bérégovoy, il fut ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Culture, puis, du 27 mars 2000 au 6 mai 2002, sous le gouvernement Jospin, ministre de l’Éducation nationale.

     
Palmyre… Cette oasis du désert de Syrie, qui est située à 210 kilomètres au nord-est de la capitale syrienne, Damas, est connue pour son site ancien classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais ce n’est pas de l’histoire antique de Palmyre que Jack Lang était venu parler, la veille, le 19 mai 2015, au Club de la Presse…
     
Les conditions de vie faites, depuis 2011, par les Occidentaux au peuple syrien - comme au peuple libyen - au nom des droits de l’homme et de la démocratie, pour renverser un régime qu’ils honnissent et évincer un président élu et même réélu, Bachar El Assad, qui ne fait pas leurs affaires, n’ont rien à voir avec l’art… Les propos qui vont suivre sont sans équivoque.

     
L’animateur, Nicolas Poincaré, se renseigne auprès de son invitée…
     
« Mais c’est une grande ville en dehors du site antique […] ? »

     
Palmyre, un site archéologique ? Bien sûr, mais Agnès Levallois y voit autre chose...
     
« Non, ce n’est pas une ville, ce n’est pas une ville très très grande, mais c’est surtout une ville qui a une position stratégique puisque c’est une ville qui est pas très loin de la frontière avec l’Irak, hein. On est à quelques centaines de kilomètres et, donc, c’est la région qui est mitoyenne de la fameuse région d’Al-Anbar où se trouve la ville de Ramadi qui a été prise par les [mot inaudible] islamiques récemment. Donc, on est[Intervention de Nicolas Poincaré : « Donc, ça ferait une entité territoriale pour Daesh. »] Voilà ! Et c’est pour ça. Il y a une profondeur stratégique, et c’est la route de Damas, on est à 250 kilomètres de Damas. Et, au nord, si on va vers Homs qui est ce verrou stratégique qui permet après d’aller vers la région de Lattaquié, qui est la région alaouite dont est originaire le président syrien. Vous voyez bien qu’on est sur une situation stratégique extrêmement intéressante. »
     
Voilà ce qui anime particulièrement les chefs d’États français, britannique, états-unien et les monarques du Golfe… en marge des gros intérêts politico-économiques de leurs multinationales de l’armement : faire tomber Damas, qui est à la fois la capitale de la Syrie et la ville natale de Bachar El Assad, comme ils ont fait tomber Bagdad, la capitale de l’Irak, et Tripoli, la capitale de la Libye ; faire détruire Lattaquié (région alaouite), comme ils ont fait détruire tout récemment, en mars 2015, le mausolée, construit à l’époque de Saddam Hussein pour honorer les morts, qui avait reçu les dépouilles de celui-ci, de ses fils, et d’autres personnes - monument érigé au centre d’Al-Awja, village natal de Saddam Hussein, situé à 10 kilomètres au sud de la ville de Tikrit, dans la province de Salah ad-Din, comme ils ont détruit, en octobre 2011, la ville de Syrte, contribué au massacre d’un millier de membres de la tribu Gadhadhafa et au lynchage du Guide révolutionnaire, et laissé profaner, dans la cour de la demeure familiale des Gaddhafi, le tombeau de la mère de Muammar Gaddhafi et de trois autres membres de la famille, au mépris de la loi musulmane comme de toute loi humaine.

     
Agnès Levallois poursuit son explication :
     
« Et que, pour l’État islamique qui a dans cette idée d’abolir les frontières, d’avoir Ramadi et Palmyre, ça permet justement de dire que ils sont en mesure d’établir un califat, même si on est dans le fantasme, et que, du coup, les frontières n’ont plus de sens et qu’ils sont, eux, dans cette logique de, de détruire ces fameuses frontières. Donc, c’est en ça que Palmyre est important. Et les, les organisa, enfin l’État islamique est tout à fait conscient aussi que, en s’approchant de Palmyre, la communauté internationale va réagir et qu’on va, à nouveau, parler d’elle parce que cette organisation ne vit, enfin, vit beaucoup sur la com. Et c’est une organisation qui fait une com d’enfer en permanence. » Selon Agnès Levallois, l’État islamique est en plein fantasme et en pleine com. Les populations le savent : les hommes et les femmes politiques en France ne font pas de « com ». Et madame Levallois, qui est « spécialiste » « en communication », non plus, d’ailleurs…


1er texte paru dans La Voix de la Libye
http://lavoixdelalibye.com/?p=22813
2ème texte paru dans La Voix de la Libye
http://lavoixdelalibye.com/?p=22889



Françoise Petitdemange


http://www.francoisepetitdemange.sitew.fr/#LA_LIBYE_REVOLUTIONNAIRE_.A