24 avril 2015

5. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 5.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1 - 4. Le candidat Sarkozy à l’élection présidentielle

      À propos de la création des États-Unis d’Afrique… Voix off : « Après avoir vainement tenté de prendre la tête du monde arabe, le dictateur rêve de fonder des États-Unis d’Afrique que, bien sûr, il dirigerait. Autoproclamé roi des rois, ses milliards lui donnent les moyens de ses ambitions. »
     
Ces allégations ne sont pas conformes à la réalité… Muammar Gaddhafi - il le savait lui-même - n’était ni le seul homme, ni le premier à avoir rêvé de la FRA (Fédération des Républiques Arabes), et des États-Unis d’Afrique ; mais, cette fois, le rêve est passé à la réalité… La FRA, qui, dans les années 1970, rassemblait, pour commencer, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, la Syrie, a été sabordée par le président égyptien, Anouar El Sadate, qui a renié sa signature en passant dans le camp d’en face, à la grande colère du peuple libyen qui appelait Sadate : « le traître ». Après cela, en 1999, Muammar Gaddhafi lançait un Appel aux dirigeants des autres pays africains : cet “Appel de Syrte” a été entendu et suivi de Sommets africains, qui se tenaient-se tiennent, d’année en année, dans des villes et des pays différent(e)s d’un Sommet à l’autre : Libye, Togo, Zambie, Afrique du Sud, Ghana, etc. L’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), moribonde, a transmis le flambeau à l’UA (Union Africaine) avec, pour projet commun aux pays, de créer les États-Unis d’Afrique. Une Constitution et des Institutions ont été mises en place. Il s’agissait de créer une monnaie et une armée de défense communes…
     
Il n’était pas question, pour Muammar Gaddhafi de « prendre la tête du monde arabe ». La présidence de la FRA devait être assurée, tour à tour, par les dirigeants des pays qui la constituaient. De même, la présidence de l’UA (Union Africaine) était-est assurée, à tour de rôle, par tous les chefs des pays africains, pour une durée d’une année : Muammar Gaddhafi n’a pas été le premier président de l’UA (Union Africaine), mais le 7ème, du 2 février 2009 au 31 janvier 2010. Dans le même temps, en février 2009, il a été désigné, « roi des rois d’Afrique » par les chefs des autres États africains. Mais le concept de « roi des rois d’Afrique » - faut-il le préciser - n’a rien à voir avec celui des rois de France d’autrefois, ni avec celui des rois et reines actuel(le)s - de la reine d’Angleterre, du roi de Belgique, de la reine du Danemark, du roi d’Espagne, du roi du Luxembourg, du roi des Pays-Bas, du roi de Suède - qui règnent encore sur 7 pays d’une Europe prétendument démocratique qui en compte 28…
     
Voix off : « Mais, sur sa route, il craint la France et sa très active politique africaine. La France qui s’est toujours opposée à ses projets. Ainsi, ses rapports avec le président Chirac, sont-ils notoirement glaciaux. » Muammar Gaddhafi ne craint aucun pays. Simplement, il connaît l’histoire du continent africain. Il sait quels sont les pays européens qui, lors de la colonisation, ont tracé des chemins de sang dans les différents pays africains et l’indépendance très relative de certains d’entre eux… Il sait que l’histoire sanglante de la colonisation peut recommencer.

     
Ahmed Gaddhaf El Dam, conseiller de Muammar Gaddhafi, donne le point de vue libyen : « Il fallait donc améliorer nos relations avec la France. Coûte que coûte. Pour qu’elle ne perturbe pas, par son influence sur certains pays africains, les discussions sur la fondation des États-Unis d’Afrique. C’était notre but et c’est ce qu’on attendait de Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur. » Voix off : « L’un des hommes chargés des relations avec la France est le cousin du dictateur, son stratège, son confident. » Le visage d’Ahmed Gaddhaf El Dam apparaît, puis un portrait de Muammar Gaddhafi en tenue militaire sur fond d’un autre visage : celui d’Omar El Mokhtar.
     
Ahmed Gaddhaf El Dam : « Une chose est sûre : il nous a montré le plus grand respect. Il nous a fait l’impression d’un homme honnête qui voulait sincèrement développer nos relations et corriger les erreurs de la France en Afrique. » Voix off : « Le dictateur ne peut qu’apprécier ce ministre qui prône publiquement la rupture avec le président français du moment. Il s’en retourne en France avec le pouvoir à conquérir. Et s’il ne revient pas en Libye, plusieurs de ses proches feront le voyage. Parfois pour parler affaires. Car, après les années d’embargo, le juteux marché libyen suscite des convoitises. »

Françoise Petitdemange


9. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

9.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


1 - 8. Le peuple libyen, avait-il contribué à la victoire ?


      Voix off : « Le 28 mai 2007, l’un des tout premiers dirigeants du monde à qui le président français, tout juste élu, téléphonait longuement était le chef d’un petit pays d’Afrique du Nord. »
Outre que Muammar Gaddhafi n'était pas « le chef », mais le Guide révolutionnaire, qu’est-ce qu’« un petit pays » ? Sur le plan géographique… la Libye a une superficie égale à plus de deux fois et demie la France. Autrement dit… Ce « petit pays » a une superficie qui équivaut à la superficie d’une petite Europe, même s’il est alors peuplé de six ou sept millions d’habitant(e)s.

      Muammar Gaddhafi : « Monsieur Sarkozy, je vous félicite pour votre élection. Vous méritez la confiance du peuple français. » Sans doute, Nicolas Sarkozy, sait-il s’il doit quelque chose à la Libye. En tout cas, il n’est pas question de « dictateur » : « Monsieur Kadhafi, je suis enchanté de vous parler. Je n’ai pas oublié notre rencontre. Je garde un excellent souvenir de la qualité de vos analyses. Vous méritez amplement votre titre de Guide. » Nicolas Sarkozy dit : « votre titre de Guide ». Muammar Gaddhafi, confiant : « Je suis rassuré d’avoir, avec vous, un ami en Europe. Je vous sais ambitieux et volontaire. Nous ferons beaucoup de choses entre nos deux pays. » Voici, en tout cas, un Nicolas Sarkozy très affable : « Oui, monsieur le Guide. J’espère vous recevoir en France ou me rendre en Libye. » Et, pour finir… « Je vous exprime mes respects et mon amitié, monsieur le Guide. »

 

Françoise Petitdemange

 

25 avril 2015

12. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

12.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


4 - 11. Muammar Gaddhafi
et la délégation libyenne en France

 

      Vue sur une vaste salle avec des sièges occupés, disposés en cercle : EU Africa Summit. Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner sont présents. Voix off : « Cinq mois plus tard, en décembre. La femme du président est finalement partie. Le dictateur arrive. La veille de sa venue, les deux hommes se croisent à Lisbonne dans le cadre d’un sommet international. » Muammar Gaddhafi, vêtu de son habit traditionnel brun, et la tête couverte de sa chéchia noire, apparaît et serre la main d’un dirigeant africain. Puis, Nicolas Sarkozy s’avance vers le Guide, déjà installé, et lui serre la main : « Bonjour Monsieur Kadhafi. Je suis très heureux de vous recevoir en visite à Paris. » Un militaire s’approche du Guide pour lui faire la traduction ; celui-ci sourit sans répondre.
     
Voix off : « Mais le président va recevoir un dictateur resté fidèle à lui-même. Il vient de faire scandale en déclarant à un journal portugais » : « Il est normal que les faibles aient recours au terrorisme. » Lors de ce sommet de Lisbonne, 8 décembre 2007, Nicolas Sarkozy se montre très conciliant : « Permettez-moi de dire qu’il y a moins de problème à recevoir le président Kadhafi dont les services collaborent avec les services occidentaux dans la lutte contre le terrorisme, dont les infirmières ont été libérées dans un avion de la « République Française ». Pour le reste, il a sa personnalité, son tempérament ; c’est pas moi qui vais les juger. »

     
« 10 décembre 2007. » Voix off : « Au petit matin, ce lundi, on déroule le tapis rouge, par rouleaux entiers. Dans la cour d’honneur de l’Élysée, et en face, dans les jardins d’une annexe du Palais. Première dans les annales du protocole, on y a dressé une vaste tente bédouine. » Ahmed Gaddhaf  El Dam (conseiller de Muammar Gaddhafi) : « Oh, ils ont accepté toutes nos demandes. Le message de Gaddhafi pour sa première visite en Occident, après une longue période de rupture, c’était… « Ce n’est pas parce que je me rends en Europe que je change. ». » Voilà qui rappelle une fidélité du Guide révolutionnaire à ses convictions.

Françoise Petitdemange

 

13. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

13.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 

4 - 12. Des déclarations insultantes…
à l’égard d’un invité

 

      Voix off : « Mais voilà qu’un grain de sable vient gripper le bel ordonnancement. Personne à l’Élysée ne s’est aperçu que le dictateur arrive à une date un peu particulière : « La journée internationale des droits de l’homme ». Or, le président a justement nommé une secrétaire d’État chargée de ce sujet-là. » Rama Yade : « J’ai essayé de demander un changement de date parce que le 10 décembre était symbolique. Y avait pas d’argumentaire. C’est, c’est, c’est comme ça. C’est comme ça. Et puis, heu, c’est décidé, c’est calé, heu, je n’avais pas à me mêler, heu, de la, du domaine réservé du président. »
     
« Paris. Décembre 2007. » Problème de dernière minute… Voix off : « Alors, à l’heure du laitier, ce lundi matin, la jeune secrétaire d’État frappe un grand coup. À un journal, elle lance : « La France n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant [terroriste ou pas] peut venir s’essuyer les pieds [du sang] de ses forfaits », avant de rééditer à la radio… » Certains mots, maintes fois répétés à l’époque, ont été retirés du commentaire de ce documentaire : ils sont notés entre crochets. Voix de Rama Yade : « Personnellement, je me retrouve avec une journée des droits de l’homme sur les bras et Kadhafi sur le tarmac d’Orly. Donc, pour moi, c’est un problème. » Appelée à l’Élysée pour rendre des comptes, l’ex-secrétaire d’État aux droits de l’homme racontera plus tard : « Au retour de la radio, vers 9 heures-9 heures et demie, le président de la république m’appelle, en me disant de venir le voir à l’Élysée. Et il était silencieux, me tournant le dos, face à la fenêtre et le silence dure très longtemps. Puis arrivent les deux conseillers, là, Lévitte, messieurs Lévitte et Guéant, qui donc me sermonnent lourdement : « Vous vous rendez compte, son avion est dans le ciel français. Il veut pas atterrir. » Heu, bon, je lui dis : “Écoutez, ben, qu’il rentre chez lui.” Bon, après il me dit : « Ce n’est pas le moment de plaisanter. » Donc, j’ai arrêté de plaisanter et j’ai dit : « Effectivement, c’est très sérieux. » Et, heu, Nicolas Sarkozy les arrête et puis, heu, leur demande de me, ben, de préparer la suite avec moi, à savoir : « Qu’est-ce que je dis, maintenant. » Bon, ils m’ont envoyée sur Europe 1, heu, j’ai essayé de tourner autour du pot. Voilà. » Rama Yade, sans trop s’en rendre compte, donne, ici, la clef des embrouilles : « préparer la suite », « Qu’est-ce que je dis, maintenant. » « j’ai essayé de tourner autour du pot »… Voilà comment les citoyens et citoyennes de France sont… informé(e)s !

 

Françoise Petitdemange


26 avril 2015

17. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

17.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 
4 - 16. Les droits de l’homme, en France, heu…

 

      Muammar Gaddhafi arrive au milieu d’un groupe de personnes. Puis il lève les bras, souriant, face à une salle bondée qui brandit des portraits de lui. Voix off : « Face à la multiplication des critiques, le susceptible dictateur riposte en organisant à l’UNESCO un meeting à sa gloire. » Le « susceptible dictateur » ne riposte rien du tout. Muammar Gaddhafi évoque à l’Unesco la vieille scie utilisée, contre lui, depuis des décennies : « les droits de l’homme »« Ils font de la surenchère sur les droits de l’homme. Les droits de l’homme ! Mais comment osent-ils ? Avant de parler des droits de l’homme dans vos pays, il faudrait encore que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits ! » Même si cela ne plaît pas à tout le monde, il est applaudi. Muammar Gaddhafi a tout à fait raison de renvoyer la question sur les pays qui n’ont cessé d’accuser la Libye d’être un État terroriste. Ahmed Gaddhaf  El Dam (conseiller de Muammar Gaddhafi) : « Nous n’avions prévenu personne de cette initiative. Et je peux vous dire que les Français qui organisaient la visite ont été très vexés par le discours de Frère Muammar. » Donc, ce sont des Français - et non le « susceptible dictateur » - qui ont organisé la visite à l’UNESCO. Sauf à être de mauvaise foi… Muammar Gaddhafi, n’avait-il pas raison de renvoyer, sur ceux et celles qui le critiquent, le non respect des droits de l’homme à l’égard des immigrés vivant en France ?

 

Françoise Petitdemange


19. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

19.
DE LA PAIX À LA GUERRE...

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

4 - 18. La trahison manifeste
de l’équipe française au pouvoir

 

      Vue sur le brasero et la tente. Des Femmes en armes veillent... Voix off : « De l’autre côté de la rue, pour le dictateur, c’en est trop. Il attendait que cette visite consacre sa respectabilité. Au lieu de cela, on l’injurie. On le juge pitoyable. Il soupçonne le président lui-même de le trahir. Car, enfin, un ministre, peut-il agir sans l’accord de son chef ? Devant ses conseillers, il entre dans une colère terrible. »
     
Ahmed Gaddhaf  El Dam (conseiller de Muammar Gaddhafi) : « Kadhafi a été trompé par Sarkozy. Lui était clair comme de l’eau de roche et Sarkozy s’est comporté avec fourberie. »
     
La diplomate libyenne, Zohra Mansour, dira plus tard au sujet de ces étranges comportements d’alors : « C’était une attitude contraire à toute diplomatie. Pour nous, musulmans et diplomates, c’était un comportement inadmissible. »
     
Ahmed Gaddhaf El Dam soulèvera lui aussi un problème crucial : « S’il le détestait, pourquoi l’invitait-il en France ? l’accueillait-il chaleureusement ? Pourquoi était-il venu le visiter en Libye ? Tout ça, c’était de l’hypocrisie, [de l’hypocrisie]. » Ahmed Gaddhaf El Dam répète (ce qui n’est pas traduit :) « de l’hypocrisie ». Il est désolé…
     
En fait, les hommes et femmes politiques français(es), à la tête d’un pays capitaliste endetté jusqu’au cou, ne pouvaient ignorer le faible endettement de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste, et n’étaient intéressé(e)s que par une seule chose : faire signer à la Libye des contrats.

     
Le président Sarkozy, dans un salon de l’Élysée, se trouve face à la presse.
     
Voix off : « La situation s’envenime encore lorsque le président tente désespérément de désamorcer la polémique qui agite la France. »
     
Nicolas Sarkozy : « C’est bien beau les leçons de droits de l’homme et les postures entre le Café Flore et le Zénith. Mais ces postures… elles sont restées pendant huit ans, ces malheureuses infirmières. J’ai dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l’homme, dans tous ses aspects, tout ce qu’il restait à faire. » (Peu d’applaudissements.) Même le président français est ignorant du statut de Muammar Gaddhafi !

     
Voix off : « Maintenant, ce président lui fait publiquement la leçon. La coupe est pleine ». Muammar Gaddhafi se rend, de sa tente au palais de l’Élysée, portant lui-même son parapluie. Quel « dictateur » porterait son parapluie et se déplacerait ainsi, accompagné d’un seul homme : un Africain à la peau noire ?
     
Voix off : « La vengeance est un plat qui se mange froid. Aussi, le dictateur ne laisse rien paraître de son courroux lorsqu’il va retrouver son hôte. »
     
Jean-Luc Sibiude (ambassadeur de France en Libye) : « Le dernier entretien qui s’est fait… Sarkozy a tenu à le recevoir. Je ne sais plus très bien. Mais, en tout cas, c’est le président Sarkozy qui lui a dit : « Je suis désolé si la presse vous a mal accueilli », etc. Et Kadhafi, très grand seigneur, lui a répondu : « Mais, écoutez, ça, vous n’y êtes absolument pour rien. La presse est libre dans votre pays. » Il a dit : « C’est votre problème ; la presse française, ce n’est pas mon problème. Moi, je vais faire une virée avec la mienne, à mon retour, mais je n’ai aucun souci. » Il l’a même dit en plaisantant : « Je n’ai aucun souci avec ma presse. » (Jean-Luc Sibiude rit de bon cœur.)

     
Voix off : « Justement, la presse française à laquelle il a promis une interview va être l’instrument de sa vengeance. » Dans la tente de Muammar Gaddhafi, le journaliste, David Pujadas, pose une question : « Alors, cette visite, en France, provoque, ici, un un vif débat et le boycott de certains élus, comment réagissez-vous à cette controverse ? » Muammar Gaddhafi : « En fait, je ne suis pas au courant. Je n’ai pas lu la presse et je n’ai pas la télévision. » Le journaliste pose une autre question : « Le président Nicolas Sarkozy a indiqué, hier, qu’il vous avait demandé de progresser sur le chemin des droits de l’homme. » Muammar Gaddhafi : « Non, non, moi et le Président Sarkozy, nous n’avons pas évoqué ces sujets. Nous sommes des amis, nous coopérons… » Tout ce que dit Muammar Gaddhafi n’est pas traduit… Étrange… Le journaliste : « Ça n’a pas été évoqué ? » Muammar Gaddhafi : « Absolument pas, pas un instant. »

Françoise Petitdemange


 

22. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

22.
DE LA PAIX À LA GUERRE…
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 

5 - 21. La guerre extérieure en Libye
pour faire diversion à l’intérieur de la France…

 

      Voix off : « Comme tous les dirigeants occidentaux, le président s’empresse de condamner le désormais indéfendable Guide libyen : ses mots ont bien peu de poids. Alors que les printemps arabes ont la sympathie de l’opinion, le souvenir de sa lune de miel avec le dictateur sanglant est devenu gênant. Ce bilan diplomatique terni tombe au plus mal car, dans un an, il remettra en jeu son mandat. Et si, au contraire, il tirait avantage de la situation pour se re-présidentialiser. C’est ce que lui suggère de faire un de ses conseillers. » De quels « printemps arabes » et de quelle « opinion » s’agit-il ? Les médias parlent d’« effet dominos »… Donc, ils savent qu’il y a, derrière tout ceci, un programme de déstabilisation des pays arabo-africains qui entourent la Libye et des pays arabes comme la Syrie : ils contribuent, par l’idéologie véhiculée à coups de mensonges répétés et d'images composées, aux renversements des régimes en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie...
     
Propos de Patrick Buisson [reconstitution] : « La situation internationale nous permet de tenter une opération politique dictée par les événements. Le message de dimanche soir […] est extrêmement important. C’est de là que peut s’amorcer la reconquête… » Voilà ! La politique se fait sous la forme d’« opération politique » et de « reconquête ». Où est la démocratie, dans tout cela ?

 

Françoise Petitdemange


28 avril 2015

28. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

28.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 

5 - 27. Les faux démocrates français
contre la démocratie directe libyenne 

 

      Quant à la réaction de Muammar Gaddhafi, la diplomate libyenne, Zohra Mansour, se souvient : « Il a été stupéfait que Sarkozy s’ingère dans ce conflit. » Ahmed Gaddhaf El Dam (conseiller de Muammar Gaddhafi) : « Ils n’ont même pas cherché à dialoguer. Aucun émissaire français n’est venu sur place, en Libye. Il semble qu’il y avait déjà un plan pour se débarrasser de Gaddhafi. »
     
D’ailleurs, des membres de l’UA (Union Africaine), qui voulaient se déplacer, par avion, en France, ont été tout simplement menacés physiquement. Voici ce que monsieur Kofi Yamgnane dévoilera, plus tard, lors d’un entretien : « Lorsqu’un président de la république française interdit – moi, je suis tombé sur mon sur mon sur le dos quand j’ai entendu ça. Vous savez que l’Union Africaine, qui était, à l’époque, présidée par son Excellence le président Obiang (Intervention du questionneur : Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée Équatoriale…) de la Guinée Équatoriale, avait, à propos de la Libye, avait une solution négociée à proposer. Ils ont formé une délégation pour y aller et Sarkozy leur dit : « Je vous interdis de monter dans l’avion parce que si vous passez l’espace, je vous flingue. » [https://www.youtube.com/watch?v=66vakaVFOcg « Libye Sarkozy a menacé de mort les présidents africains qui souhaitaient négocier avec kadhafi »]

     
Muammar Gaddhafi en habit brun, toujours avec sa chéchia noire, s’adresse au président Sarkozy : « La France se prend pour qui ? Elle veut nous attaquer ? Tu penses qu’attaquer la Libye est facile, espèce de crétin ! » Applaudissements et acclamations très importantes dans la salle. « Nous, on va t’attaquer ! Tu veux attaquer ? Essaye pour voir ! » Il faudra une dizaine de jours à la France pour se rendre compte qu’elle n’arrivera pas toute seule à venir à bout du peuple libyen. L’OTAN prendra le relais, dès la fin mars, et bombardera la population civile comme militaire puisqu’il s’agissait, en Libye, d’un peuple en armes.

     
Vue sur les véhicules militaires libyens portant le drapeau vert de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste. Les tanks roulent sur une route traversant le désert. Voix off : « Fou de rage, le dictateur commet l’erreur d’envoyer ses chars contre la ville rebelle de Benghazi. » Fallait-il laisser les prétendus manifestants, les prétendus rebelles attaquer, à main armée, les autorités policières et militaires du pays, les commissariats de police et les casernes ? Que ferait un président de la république, dans le cas où la police et l’armée françaises seraient attaquées ? Rien ?
     
Message de Muammar Gaddhafi à la radio : « C’est bon, l’affaire est réglée ! Nous arrivons ! Pas de pitié ni de clémence pour eux ! » L’attaque, à main armée, contre les autorités libyennes, était un crime de haute trahison passible de la peine de mort.

 

Françoise Petitdemange

29 avril 2015

34. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

34.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN
 

5 - 33. « Kadhafi »…
« une menace réelle sur la Libye » ? Vraiment ?
Sarkozy,
« une menace réelle » sur la France et les autres pays ? Assurément !

 

      Lorsque Nicolas Sarkozy marche, à Tripoli, au milieu d’un groupe de Français, il ne paraît pas très serein. Une journaliste lui pose cette question : « Est-ce qu’on peut savoir votre réaction à à à la mort de Monsieur Kadhafi ? » Le président fait non de la tête en souriant. Il marche. Il regarde un peu de côté en souriant. Un micro se tend. Il se décide à répondre. Lui a-t-on dit que la mort de Muammar Gaddhafi n’était pas digne de la France ? Il parle d’une voix blanche : « L’objectif, c’est que la Libye retrouve sa liberté et un espoir démocratique. On ne doit jamais se réjouir de la mort d’un homme. Quel quel que soit ce qu’il ait fait. Jamais. Mais la menace que faisait peser Kadhafi était une menace réelle sur l’avenir de la Libye. »
     
Mais ce que monsieur Sarkozy n’est pas et ne sera jamais en capacité de comprendre, c’est que la Libye avait retrouvé « sa liberté » depuis le 1er Septembre 1969. Le peuple libyen, contrairement à une partie de la petite et moyenne bourgeoisie française, ne vivait pas d’« espoir » mais de réalité, et sa réalité, c’était une réelle démocratie directe, comme il n’y en a jamais eu en France et dans les autres pays dits libres.
      La démocratie directe en Libye était un modèle à détruire, selon les chefs des pays occidentaux endettés, pour que les peuples de ces pays n’aillent pas trop regarder de l’autre côté de la Méditerranée, dans le Nord de l’Afrique, dans cette Libye où le peuple vivait mieux que le peuple français. Le peuple libyen savait si bien se gouverner lui-même que la Libye était le pays le moins endetté de la planète en décembre 2010 : il menaçait, par ses capacités politico-économiques, non pas le peuple français mais les intérêts de la grande bourgeoisie occidentale et de la finance internationale.
      Voilà pourquoi les chefs d’États français, britannique, états-unien se sont livrés à une véritable chasse à l’homme pour avoir la peau, non seulement de Muammar Gaddhafi mais aussi de ses fils, de ses amis restés fidèles à la Révolution du 1er Septembre 1969, comme Abou Bakr Younis Jaber. Quant à Abdelfattah Younès, est-il passé - véritablement ou seulement apparemment - dans le camp de la rébellion contre la GJALPS (Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste) ? En tout cas, repéré par Bernard-Henri Lévy qui prit directement contact avec le Mossad, il sera assassiné le 28 juillet 2011. Voilà pourquoi les chefs d’États occidentaux ont fait bombarder, de nuit comme de jour, le peuple libyen dans sa vie, dans son sommeil, et ce, jusque dans les petits villages.
     
Muammar Gaddhafi était un constructeur, non un destructeur comme les chefs d’États occidentaux. Il n’a jamais été une menace « sur l’avenir de la Libye » mais sur l’avenir du capitalisme. Qui était une menace « sur l’avenir de la Libye » ? Sinon Nicolas Sarkozy, lui-même, qui est aussi une menace sur la France. Qui sont ceux qui ont détruit « l’avenir de la Libye », l’avenir du peuple libyen, l’avenir de l’Afrique et des peuples africains ? Sinon Nicolas Sarkozy, David Cameron, Barack Obama, Hillary Clinton… Le criminel de guerre espérait, lâchement, se faire réélire en 2012, afin d’échapper à la justice française ; il cherche à se faire réélire en 2017. Non pas parce qu’il aime la France, mais parce qu’il veut récupérer l’immunité présidentielle qui lui assurerait d’échapper à la justice, définitivement, pour toutes les affaires qui le suivent partout. Puisse le peuple français se passer d’un deuxième quinquennat sous la présidence de Sarkozy et demander le jugement de cet homme, comme il se doit.
     
Le silence médiatico-politique français sur la mort de 150.000 hommes, femmes, enfants, tué(e)s sous les bombes des droits de l’homme, le silence médiatico-politique français assourdissant sur les villages et les villes de Libye détruit(e)s, le silence de mort ne parviendra jamais à masquer le fait que ce président français est devenu un criminel de guerre. À propos de la mort de Muammar Gaddhafi, Nicolas Sarkozy prend un ton hypocrite qui ne trompe que lui-même : « On ne doit jamais se réjouir de la mort d’un homme. » Pourtant, il y a eu des sourires et, même, des rires, et une Hillary Clinton qui s'esclaffe : « We came, we saw, he died. Ah ! Ah ! Ah ! » (« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort. ») [« Mort de Kadhafi. L’indécence d’Hillary Clinton. https://www.youtube.com/watch?v=BkV6UpnmrrA]
De quoi, de qui s'est vengée Hillary Clinton sur Muammar Gaddhafi ?  C’est cette femme riant de la mort d’un homme - par lynchage - qui, maintenant, brigue la présidence des États-Unis ?

 

Françoise Petitdemange


37. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

37.
DE LA PAIX À LA GUERRE…

CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

5 - 36. L’après guerre

      Quelle démocratie la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis ont-ils installée à la place de la démocratie directe, en bombardant la Libye, en détruisant les moyens de défense et les infrastructures du pays, en armant des bandes de mercenaires venus de différents pays de la région dont quelque 5.000 pauvres types envoyés par le très démocrate émir du Qatar, en massacrant le peuple libyen, de nuit comme de jour, pour le protéger, et en assassinant le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi ? La démocratie du chaos. Évidemment, Jean-David Lévitte (conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy) ne peut guère être très fier des résultats... « Le suivi, c’est-à-dire l’après guerre, heu… n’a pas été suffisant. Je crois qu’il aurait été souhaitable d’être plus présents pour les aider à, heu, construire. Ce n’était pas leur choix mais ç’aurait dû être notre devoir, voilà. » « Ce n’était pas leur choix » : voilà qui montre que, même les opposants à la démocratie directe, ne voulaient plus voir les Français s’ingérer dans les affaires de la Libye.
      Mais encore… « Si si on devait avoir un regret à exprimer. Mais j’ajoute que cette période-là a coïncidé avec nos élections, l’arrivée d’un nouveau président de la république et, donc, par la force des choses ou du calendrier démocratique français, nous nous sommes trouvés dans une période de transition. » Ceci est irrecevable. Monsieur Lévitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, a failli à sa tâche et à son devoir dès le début : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu. La clique de Sarkozy a préféré la bombe au dialogue, la guerre à la  diplomatie : d'ailleurs, la France n'a plus de diplomati
e. Quant à vouloir « construire » après avoir détruit 42 années de travail de tout un peuple… Monsieur Lévitte débloque ! « Un regret », un seul : n’avoir pas pu mettre leurs pattes ensanglantées sur la politique et l’économie de la Libye... C’est tout ? Sans doute les bombes, que ces chefs d'États occidentaux et pro-occidentaux ont envoyées sur la population civile et militaire, étaient-elles des fleurs ? Pas de mort(e)s, pas de blessé(e)s, pas de disparu(e)s. Donc, pas de regret. Pas un mot pour ces enfants, ces femmes, ces hommes tué(e)s par les bombes françaises puis par les bombes de l’OTAN placée sous l'autorité du Boucher de la Libye, le terroriste qui voulait affamer le peuple libyen : le commandant Charles Bouchard.

      La « démocratie », selon monsieur Lévitte, c’est la « transition » : gauche/droite, droite/... Le reproche que faisait cette clique à Muammar Gaddhafi, elle aurait dû se l’appliquer à elle-même : elle a été « imprévisible », « incontrôlable », « imprévoyante ». Et, quatre ans après le massacre du peuple libyen et les souffrances sans nom que cette clique a produit(e)s, elle prétend encore se faire élire. Les Français(es) sont-ils des abruti(e)s ?
      Force est de constater, comme Ziad Takieddine l’a fait, que les politiques français sont des « amateurs ». Lorsque Nicolas Sarkozy lance sa guerre en mars 2011, il sait très bien qu’il est à un an d’une nouvelle élection présidentielle. D’ailleurs, la campagne est déjà dans les esprits, dans les médias… À l’approche de cette nouvelle campagne nécessitant de nouvelles dépenses, craignait-il de devoir rembourser le prêt que lui avait accordé le peuple libyen pour la campagne de 2007 ? La situation financière de l’UMP (le parti politique de Nicolas Sarkozy), après la campagne de 2012 menée, assurément, sans l'argent du peuple libyen, ne s’est pas révélée florissante…
    
Voix off : « La faute donc à des élections françaises que sa guerre en Libye n’aura pas permis de remporter. L’histoire ne s’arrête pas là. Après son départ de l’Élysée, continue de planer au-dessus de sa tête, comme une malédiction. À moins que ce ne soit la morale de cette fable. À la suite du dictateur, des affairistes déçus et d’anciens caciques du régime l’accusent d’avoir reçu de l’argent libyen pour sa campagne de 2007. Soupçon infamant qui ternit ses ambitions futures. S’est-il compromis ? Ou bien, président d’une démocratie, paie-t-il tout simplement le fait de s’être aventuré avec un tel dictateur ? »

 

Françoise Petitdemange