20 avril 2015

L'Afrique dans le monde

L_Afrique_dans_le_monde

Posté par cunypetitdemange à 17:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

21 avril 2015

La mystification du petit écran...

0 1 - TV écran

0 2 - TV antennes

 

 

 

 

 

 


Voici une analyse détaillée du documentaire intitulé :
« Le président Sarkozy & le dictateur Kadhafi » d’Antoine Vitkine,
diffusé sur France 3, le 9 avril 2015,
analyse qui situe les personnes et les événements évoqué(e)s
dans le contexte historique de la Libye révolutionnaire.

Je tiens à souligner que Michel J. Cuny et moi avons décidé,
il y a quelque quatre décennies,
de n'avoir plus de téléviseur :
est-il nécessaire de préciser qu'il ne manque pas à nos vies.
Françoise Petitdemange

Posté par cunypetitdemange à 18:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 avril 2015

1. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1.
D
E LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


Signification des couleurs :


en violet et en caractères gras, les titres ajoutés et les liens
en violet,
les mots entre crochets ajoutés ;

en noir, analyse, indication du contexte ;
en rouge-brun, la description de certaines images ;

en jaune orangé, le commentaire du documentaire ;
en rouge, les mots « dictateur », etc. ;

en bleu, les propos français ;
en vert, les propos libyens ;

les propos de l'ambassadeur de France en Libye sont
parfois en bleu, parfois en vert,
selon le point de vue qu'il donne.


      Voici une analyse détaillée du documentaire intitulé : « Le président Sarkozy & le dictateur Kadhafi » d’Antoine Vitkine, diffusé sur France 3, le 9 avril 2015, analyse qui situe les personnes et les événements évoqué(e)s dans le contexte historique de la Libye révolutionnaire. Il est possible de trouver une analyse succincte en faisant l’un ou l’autre des liens suivants :
http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-j-cuny/080415/sarkozy-criminel
http://www.france-irak-actualite.com/2015/04/kadhafi-sur-france-3-je-lui-ai-donne-l-argent-avant-qu-il-ne-devienne-president.html
       Dans ce documentaire d’une durée de 77 minutes, le mot « dictateur » est répété 57 fois en voix off. (Ce documentaire, sous forme de film, n’est plus visible, mais j’avais pris la précaution de retranscrire le texte et de décrire certaines images avant sa disparition.)

 

Françoise Petitdemange

 

Posté par cunypetitdemange à 11:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

24 avril 2015

2. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

2.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN


1
 - 1. La ruée occidentale vers la Libye

 

      Après la fin d’un embargo, imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU (Organisation des Nations Unies), et sans cesse reconduit d’avril 1992 à septembre 2003, qui était destiné à étrangler le peuple pour le pousser à la révolte contre le Guide révolutionnaire, la Libye retrouvait une expansion économique des plus enviées. C’est dans ce nouveau contexte que le peuple libyen voit débarquer, sur le tarmac de ses aéroports, des affairistes mais aussi des hommes politiques occidentaux qui, d’ordinaire, ne se déplaçaient pas dans ce pays puni pour des attentats dans lesquels sa responsabilité n’a jamais été prouvée : la visite du ministre de l’Intérieur français, Nicolas Sarkozy, en 2005, a effectivement de quoi surprendre…

 

Françoise Petitdemange

 

3. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

3.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 

1 - 2. Un ministre de l’Intérieur
dans l’État-paria…

 

      « 6 octobre 2005. » Voix off : « Toute cette histoire a commencé deux ans avant que le futur président n’entre à l’Élysée lorsqu’il est allé faire la connaissance du dictateur un jour d’octobre 2005. Il est alors un fringuant ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac qui ne fait pas de mystère de ses ambitions présidentielles. Depuis l’aéroport, son convoi file à travers Tripoli, capitale d’un État de six millions d’habitants que la manne pétrolière a rendu le plus riche d’Afrique. Sur les murs s’affiche partout l’homme qui le dirige d’une main de fer depuis 1969. »

     
Voix off : « Officiellement, le ministre a été convié, ici, à venir s’entretenir de la lutte antiterroriste et de l’immigration irrégulière. » Nicolas Sarkozy : « Pourquoi voulez-vous aller en Italie ? » Un jeune homme : « Je voulais partir. » Pour les États capitalistes en crise, dont une partie des populations - au chômage ou au travail - ne peuvent plus subvenir aux nécessités de leur existence, il s’agit, à l’époque, de lutter contre le terrorisme que, pourtant, ils sécrètent eux-mêmes, et de freiner, sinon d’empêcher, l’arrivée d’Africains et de leurs familles en Europe, notamment en France. Mais le Guide révolutionnaire, Muammar Gaddhafi, n’avait pas attendu les Occidentaux pour inciter les Africain(e)s à rester dans leurs pays afin de contribuer au développement du continent.  
     
Voix off : « En coulisses toutefois, cette visite a pour le ministre d’autres enjeux, plus personnels. Elle a été initiée par un homme de l’ombre, un Libanais, un intermédiaire en armements, à la fois proche de plusieurs membres de son entourage et familier du pouvoir libyen. » L’intermédiaire en armements, c’est  Ziad Takieddine qui parle, non pas du « dictateur », mais du « colonel Kadhafi » : « En 2005, je rencontre le fils du colonel Kadhafi [Saïf al-Islam] en visite privée en France. Alors, il m’invite en Libye pour aller rencontrer son père, le colonel Kadhafi. Et je rencontre Kadhafi. Quand je parlais de Nicolas Sarkozy, à lui, je parlais de lui comme quelqu’un qui allait changer beaucoup la démarche française, en général, dans le domaine de la politique extérieure. » Bernard Cheynel, lui aussi intermédiaire en armements, confirme les dires de son confrère : « C’est Saïf qui s’est emballé sur Sarkozy. Saïf qui a poussé son père : “papa, papa, papa, papa.” Papa, il est formidable, papa. Il est formidable. » Ziad Takieddine : « Je retourne en France. Je vois monsieur Guéant et des choses se sont mises en place. » Jean-Luc Sibiude (ambassadeur de France en Libye) : « Et monsieur Claude Guéant était venu préparer la visite plusieurs fois. Je crois qu’il est venu au moins deux fois, pas forcément… Une fois… Monsieur Claude Guéant avait ses propres contacts. » Voix off : « Signe de l’importance qu’il accorde à cette relation, son plus proche collaborateur [Claude Guéant, donc...] devient dès lors son agent de liaison avec les Libyens. »

Françoise Petitdemange


4. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

4.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1 - 3. Une réception dans la tente

 

      Muammar Gaddhafi se dirige vers sa tente, portant l’habit traditionnel : une gandoura brune et, sur la tête, une chéchia noire. Voix off : « En fin de matinée, devant la tente bédouine plantée au milieu de son palais-caserne, apparaît le dictateur. » La dame qui dit le commentaire, a-t-elle bien vu la tente dont il s’agit ? A-t-elle déjà vu « un dictateur » recevoir dans une tente aussi modeste ? A-t-elle vu la caserne dans laquelle le Guide révolutionnaire vit, depuis des décennies, avec sa famille ? Est-ce le Palais de l’Élysée ? Est-ce el Palacio Real de Madrid ? Est-ce el Palacio de la Zarzuela ? Est-ce Buckingham Palace ? Etc. Voix off : « Depuis peu, il n’est plus un chef d’État-paria à la tête d’un pays sous embargo. En renonçant au terrorisme et à l’arme nucléaire, il est devenu fréquentable aux yeux des Occidentaux. » C’est peut-être, hélas, cette renonciation à l’arme nucléaire et aux armes chimiques, décidée par le peuple libyen et le Guide révolutionnaire, qui allait permettre aux chefs d’États occidentaux (français, britannique, états-unien) d’attaquer la Libye. Voix off : « Sous cette tente, il a déjà reçu des dirigeants européens, mais, ce jour-là, il surprend ceux qui connaissent ses habitudes, comme l’ambassadeur français en poste à Tripoli depuis quatre ans. » Jean-Luc Sibiude, par ces précisions, montre que le Guide libyen réservait un traitement de faveur à un Français qui n’était alors que ministre : « Le colonel Kadhafi ne recevait jamais le matin, parce qu’il avait des nuits sans doute très longues et, le matin, il était toujours un peu dans la, dans le brouillard, si j’ose dire, de la même façon. Et donc, c’était plutôt le soir, l’après-midi ou plutôt le soir. Et là, il est reçu tout de suite. »

     
Revenant sur cette visite, Zohra Mansour qui, après avoir été responsable des « Femmes en armes », avait été chargée des relations diplomatiques entre la France et la Libye, se souvient : « Le Guide m’a dit : « Zohra, nous honorons quelqu’un qui sera candidat à des élections importantes. S’il arrivait au pouvoir, nous pourrions entretenir de bonnes relations avec son pays. Ça vaut le coup, non ? » À noter que Zohra Mansour appelle Muammar Gaddhafi : « le Guide ». L’ambassadeur confirme : « Moi, ils me l’ont dit. C’était l’objectif principal : on accueille monsieur Sarkozy parce qu’on sait qu’il a, il peut avoir un destin important en France. Et être le futur président. »
     
Voix off : « Enfin, l’ambitieux ministre, novice sur la scène internationale, et l’indéboulonnable dictateur au pouvoir depuis trente-six ans font connaissance. » Dès après la Révolution du 1er Septembre 1969, le pouvoir a été progressivement transmis au peuple libyen : c’est lui qui avait réellement le pouvoir. Mais dire cette vérité est dangereux pour les États capitalistes qui ne sont en rien démocratiques. Muammar Gaddhafi n’était pas considéré comme un « dictateur » par la population, en dehors d’une poignée d’exilés qui voulaient le pouvoir pour eux tout seuls. Il était appelé le Guide.
     
Celui qui avait été désigné par ses camarades comme le président du CCR (Conseil du Commandement de la Révolution), quelques jours après la Révolution du 1er Septembre 1969, avait été invité comme tel à Paris, en novembre 1973, par le président de la république française, Georges Pompidou : Muammar Gaddhafi, qui avait gardé un excellent souvenir de cette rencontre, pouvait alors penser que les relations avec la France, qui s’étaient dégradées avec les présidents suivants, allaient redevenir ce qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être…

 

Françoise Petitdemange

 

5. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 5.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1 - 4. Le candidat Sarkozy à l’élection présidentielle

      À propos de la création des États-Unis d’Afrique… Voix off : « Après avoir vainement tenté de prendre la tête du monde arabe, le dictateur rêve de fonder des États-Unis d’Afrique que, bien sûr, il dirigerait. Autoproclamé roi des rois, ses milliards lui donnent les moyens de ses ambitions. »
     
Ces allégations ne sont pas conformes à la réalité… Muammar Gaddhafi - il le savait lui-même - n’était ni le seul homme, ni le premier à avoir rêvé de la FRA (Fédération des Républiques Arabes), et des États-Unis d’Afrique ; mais, cette fois, le rêve est passé à la réalité… La FRA, qui, dans les années 1970, rassemblait, pour commencer, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, la Syrie, a été sabordée par le président égyptien, Anouar El Sadate, qui a renié sa signature en passant dans le camp d’en face, à la grande colère du peuple libyen qui appelait Sadate : « le traître ». Après cela, en 1999, Muammar Gaddhafi lançait un Appel aux dirigeants des autres pays africains : cet “Appel de Syrte” a été entendu et suivi de Sommets africains, qui se tenaient-se tiennent, d’année en année, dans des villes et des pays différent(e)s d’un Sommet à l’autre : Libye, Togo, Zambie, Afrique du Sud, Ghana, etc. L’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), moribonde, a transmis le flambeau à l’UA (Union Africaine) avec, pour projet commun aux pays, de créer les États-Unis d’Afrique. Une Constitution et des Institutions ont été mises en place. Il s’agissait de créer une monnaie et une armée de défense communes…
     
Il n’était pas question, pour Muammar Gaddhafi de « prendre la tête du monde arabe ». La présidence de la FRA devait être assurée, tour à tour, par les dirigeants des pays qui la constituaient. De même, la présidence de l’UA (Union Africaine) était-est assurée, à tour de rôle, par tous les chefs des pays africains, pour une durée d’une année : Muammar Gaddhafi n’a pas été le premier président de l’UA (Union Africaine), mais le 7ème, du 2 février 2009 au 31 janvier 2010. Dans le même temps, en février 2009, il a été désigné, « roi des rois d’Afrique » par les chefs des autres États africains. Mais le concept de « roi des rois d’Afrique » - faut-il le préciser - n’a rien à voir avec celui des rois de France d’autrefois, ni avec celui des rois et reines actuel(le)s - de la reine d’Angleterre, du roi de Belgique, de la reine du Danemark, du roi d’Espagne, du roi du Luxembourg, du roi des Pays-Bas, du roi de Suède - qui règnent encore sur 7 pays d’une Europe prétendument démocratique qui en compte 28…
     
Voix off : « Mais, sur sa route, il craint la France et sa très active politique africaine. La France qui s’est toujours opposée à ses projets. Ainsi, ses rapports avec le président Chirac, sont-ils notoirement glaciaux. » Muammar Gaddhafi ne craint aucun pays. Simplement, il connaît l’histoire du continent africain. Il sait quels sont les pays européens qui, lors de la colonisation, ont tracé des chemins de sang dans les différents pays africains et l’indépendance très relative de certains d’entre eux… Il sait que l’histoire sanglante de la colonisation peut recommencer.

     
Ahmed Gaddhaf El Dam, conseiller de Muammar Gaddhafi, donne le point de vue libyen : « Il fallait donc améliorer nos relations avec la France. Coûte que coûte. Pour qu’elle ne perturbe pas, par son influence sur certains pays africains, les discussions sur la fondation des États-Unis d’Afrique. C’était notre but et c’est ce qu’on attendait de Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur. » Voix off : « L’un des hommes chargés des relations avec la France est le cousin du dictateur, son stratège, son confident. » Le visage d’Ahmed Gaddhaf El Dam apparaît, puis un portrait de Muammar Gaddhafi en tenue militaire sur fond d’un autre visage : celui d’Omar El Mokhtar.
     
Ahmed Gaddhaf El Dam : « Une chose est sûre : il nous a montré le plus grand respect. Il nous a fait l’impression d’un homme honnête qui voulait sincèrement développer nos relations et corriger les erreurs de la France en Afrique. » Voix off : « Le dictateur ne peut qu’apprécier ce ministre qui prône publiquement la rupture avec le président français du moment. Il s’en retourne en France avec le pouvoir à conquérir. Et s’il ne revient pas en Libye, plusieurs de ses proches feront le voyage. Parfois pour parler affaires. Car, après les années d’embargo, le juteux marché libyen suscite des convoitises. »

Françoise Petitdemange


6. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

6.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1- 5. Des affaires qui changent de mains

 

      Voix off : « Ainsi, l’homme d’affaires Takieddine effectue de nombreux séjours dans les grands hôtels de Tripoli. Il utilise ses relations dans l’entourage du futur président pour emporter des contrats d’armement et évince ainsi des intermédiaires implantés de plus longue date. »
     
Bernard Cheynel feuillette un catalogue de présentation des nouvelles armes : « J’ai mes clients eux-mêmes qui viennent vers moi et qui me disent : “Ziad Takieddine est arrivé avec un courrier à en-tête du ministère de l’Intérieur” - Sarkozy était ministre de l’Intérieur - et, dans le courrier, il y avait marqué : “Je recommande chaudement monsieur Ziad Takieddine, homme de l’industrie, très connu par nos services, un homme remarquable pour les industriels Thalès, Dassault, Snecma.” Allons-y ! Pourquoi pas, Mac Do… (Il rit.) Enfin ! Il y en avait pour tous les goûts et signé : “Monsieur Sarkozy.”. » L’intermédiaire en armements poursuit : « J’ai su après que Sarkozy a été interrogé à l’Élysée. Sarkozy dit : “M’enfin, écoutez, soyons sérieux. Vous avez une copie ?” On lui a répondu : “Eh ben, non, on n’a pas de copie.” “Bon, ben, alors, écoutez, enfin, vous connaissez les Libanais !” C’est ce que j’ai su, ce qu’il leur est répondu : “Vous connaissez les Libanais ! Enfin, bon. Enfin…”. » Cette petite phrase de Nicolas Sarkozy : « Vous avez une copie ? », rapportée par Bernard Cheynel, renvoie à la fin de ce documentaire.
     
À propos du président Sarkozy, Ziad Takieddine précise : « Ce n’est pas lui qui me mandate, hein. Ce n’est pas lui qui me mandate. Par contre, Nicolas Sarkozy a reçu, officiellement, ma désignation comme interlocuteur de la part des Libyens avec lui. » (Large sourire et mouvement d’yeux de Ziad Takieddine qui remet les choses en place.)
     
Voix off : « Le futur président ne sait peut-être pas tout ce qui se trame autour de lui ou en son nom. Mais entre lui et le dictateur, il flotte, dès lors, un fumet affairiste qui ne sera pas sans conséquence à la fin de cette histoire. » De quoi est-il question, ici ? Du financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye ?

 

Françoise Petitdemange

 

Posté par cunypetitdemange à 17:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

7. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

7.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1 - 6. La France des droits de l’homme

 

      « Un an plus tard… » Le candidat à la présidence, Nicolas Sarkozy, fait part de ses ambitions : « Je veux être le président de la France des droits de l’homme parce que je le crois au plus profond de mon cœur. Je ne veux pas, je ne crois pas à ce qu’on appelle « la realpolitik » qui fait renoncer à ses valeurs. Je ne veux être complice d’aucune dictature à travers le monde. »
     
Voix off : « En janvier 2007, celui qui exprimait son respect au dictateur lance sa campagne présidentielle sur un bien autre ton. Gagner une élection vaut bien de se poser en chantre des droits de l’homme. Surtout lorsqu’on est précédé par une réputation de ministre de l’Intérieur à poigne. »

      À propos du candidat Nicolas Sarkozy, en 2007, Rama Yade a son avis  : « C’est l’époque où une certaine gauche intellectuelle s’insurgeait de ses propos et, à un moment donné, on a senti chez lui le besoin aussi de s’adresser à ces intellectuels-là, heu, parce que même s’ils ne sont pas majoritairement du pays [majoritaires dans le pays ?], ils ont une certaine influence. Nicolas Sarkozy était sensible, très sensible à ce que pouvaient penser les Bernard-Henri Lévy, les Glucksmann, les Bruckner… » La politique étrangère de la France, était-elle dictée par des personnes qui, outre qu'elles n'étaient  « pas majoritaires dans le pays », manœuvraient avec quelque officine ?
     
Pour les droits de l’homme, Bernard Kouchner veut bien se faire homme de droite : « Les droits de l’homme, ça ne pouvait pas ne pas me plaire. En plus, il est vrai que Nicolas Sarkozy avait un langage et, dans sa campagne, des thèmes qui étaient très nouveaux par rapport à l’orthodoxie de la droite. »

     
Nicolas Sarkozy persiste et signe lors d’un meeting. “Politique internationale Paris, mercredi 28 février 2007” : « Deuxième grand objectif de la France : promouvoir les libertés et les droits de l’homme sur la scène internationale. » Mais encore… « Je ne me tairai jamais devant ces insultes aux droits de l’homme. » La mort, sur ses ordres, de Muammar Gaddhafi, ne sera-t-elle pas une insulte aux droits de l’homme ? Et enfin… « Eh bien, la France, elle n’est elle-même que quand elle promeut la liberté contre l’oppression. » Qu’en est-il, dorénavant, de l’oppression de tout un peuple - le peuple libyen - suite à la guerre de 2011, lancée par Nicolas Sarkozy président de la république française, contre la Libye, contre le peuple libyen, contre le Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi ?
     
Voix off : « C’est ainsi qu’à l’issue de la campagne, il recrute deux personnalités atypiques qui compteront dans la suite de cette histoire. De Bernard Kouchner, héros de l’humanitaire, il fera son ministre des Affaires étrangères, et il invente une fonction, inédite sous la Cinquième république, celle de secrétaire d’État aux droits de l’homme qu’il confiera à la jeune Rama Yade. »


Françoise Petitdemange

 

8. DE LA PAIX A LA GUERRE... CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

 8.
DE LA PAIX À LA GUERRE...
CONTRE LE PEUPLE LIBYEN

1 -7. Une victoire à la Pyrrhus

 

      Voix off : « Salle Gaveau. Un célèbre théâtre parisien. La foule ignore qu’elle va assister au premier acte de la pièce que le nouvel élu s’apprête à jouer avec le dictateur. Après les généreuses paroles du candidat, place aux actes du président. » Le président Sarkozy, à peine élu, déclare : « C’est en Méditerranée que tout va se jouer, qu’il nous faut surmonter toutes les haines, pour laisser la place à un grand rêve de paix et à un grand rêve de civilisation. Le temps est venu de bâtir une Union méditerranéenne qui sera un trait d’union entre l’Europe et l’Afrique. Ce qui a été fait pour l’union de l’Europe, il y a soixante ans, nous allons le faire aujourd’hui pour l’Union de la Méditerranée. » Il n’inventait rien. Lors de son voyage officiel de 1973, à Paris, Muammar Gaddhafi, alors président de la RAL (République Arabe Libyenne), faisait cette déclaration devant une forêt de micros. Avec le président Georges Pompidou… « On a discuté […] du rôle que les deux États doivent jouer dans la Mer Méditerranée pour qu’[elle] soit un pays de lac et de paix ». [Cf. Vidéo, Archives Ina. Kadhafi à Paris, 24 novembre 1973.https://www.youtube.com/watch?v=eg6v-BZeDsk] En réalité, le président Nicolas Sarkozy, qui prônait un « grand rêve de paix », allait transformer celui-ci en haine. Le projet de l’« Union Pour la Méditerranée » ne sera jamais réalisé. Pourquoi ? Eh bien, parce qu’il ne fallait pas perdre de vue l’idée d’une région méditerranéenne comme « trait d’union » entre l’Europe et l’Afrique. Quant au « grand rêve de civilisation », Nicolas Sarkozy oubliait que l’Afrique a été civilisée avant la France…

     
Voix off : « Réunir tous les pays riverains de la Méditerranée au sein d’une union politique : telle est sa spectaculaire et surprenante promesse. Tout juste élu, et, déjà, il aspire à un coup de maître qui prouverait à tous qu’il est ce grand président pareil à nul autre qu’il promettait d’être. » Mais ce projet de départ ne fut effectivement qu’« une promesse » ! Voix off : « Pour réussir son pari, il a besoin du soutien d’un État d’Afrique du Nord, incontournable autant que peu coopératif dirigé par un peu commode dictateur. Le nouveau président a de bonnes raisons de penser qu’il trouvera en lui un allié. » Quelles « bonnes raisons » ? Serait-ce parce que la Libye a décidé de financer la campagne du candidat Sarkozy ?

Françoise Petitdemange